[Industries Steelwood] Balayer les brumes

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[Industries Steelwood] Balayer les brumes

Message par Augustus V. Lutgardis le Lun 8 Oct - 10:01

Filiale des Industries Steelwood, Val de Syl, Carmines.

«Ca alors! Ca alors! Ca alors!!»

Dans les couloirs du majestueux manoir de la filiale des Industries Steelwood, plus précisement dans sa partie dédiée au siège social et aux bureaux administratifs, les échos d'une voix pressée, presque étouffée dans son prorpre souffle résonnait avec fracas. Et bien vite la voix fut rejointe par les couinement et les crissements d'une armure en plaque bien huilée, tressautant à chaque pas hâtif du nain qui la portait. On ne crut voir qu'un éclair roux passer au détour d'un couloir, tant le visage du Superviseur Darrick Barbebraise rougeoyait, ce qui allait évidemment de paire avec sa barbe de couleur feu. A grandes enjambées, il parcourut le couloir et se heurta avec force contre une porte, à bout de souffle. Après avoir repris sa respiration, il martela l'if avant de tourner la poignée pour faire une entrée fracassante dans un grand bureau ovale. Le décor sautait immédiatement au yeux : tout était orienté en dorures et en gravures ostentatoires, les étagères remplies de livres et de dossiers en tout genre semblaient briller du même éclat que le lustre qui pendait fièrement au haut-plafond. Les yeux fous du nain ne se posèrent cependant que sur l'homme qui se trouvait assis à son bureau, lorgnons sur le nez , et une tasse de thé à ses lèvres.

«Abedeee...ha.... M'SIEUR DELAMONT!» vociféra presque le Superviseur «Impo..important!»

L'on sentait dans sa voix comme s'il trépignait d'impatience de dire ce qu'il avait à dire, mais apparemment on lui avait bien dit de respecter les cadres, peu importe la situation. Hobbins Delamont foudroya le nain du regard, dont la tenue et le port juraient horriblement avec son environnement, cependant, il acquiesça.

«Qu'y a-t-il de si important, Superviseur?» lança-t-il de sa voix lassive.

«C'est que! Ha! A Hurlevent! Y sont revenus! Les éclaireurs!» répondit Darrick, dont le visage semblait virer au bleu sous le manque d'air.

«Quoi, les éclaireurs? Quels éclaireurs? Que se passe-t-il?»

«L'armée! Ils ont découvert une nouvelle terre! C'est la guerre! Et.. et !»

«Du calme, monsieur Barbebraise, du calme, je ne comprend rien...» tempéra Maître Delamont, haussant un sourcil, et reprenant une gorgée de thé.

«Ce serait un continent presque entièrement VIERGE.»

«Pfft!»

Ni une, ni deux, Hobbins Delamont avait recraché sa gorgée de thé dans un nuage de postillons, s'en mettant accessoirement sur les dentelles qui ornaient sa tenue. Il avait ce visage de stupeur, comme si on lui avait annoncé que sa fortune avait disparue. Mais bientôt, c'est un rictus, bientôt un sourire, puis un rire nerveux! Des calculs fous défilaient avec démence dans son esprits, des quantités innimaginables de richesses semblaient à portée de main. Il se leva si vite que la chaise derrière lui tomba dans un pauvre bruit étouffé par son exclamation.

«Que nos fiacres se tiennent prêts! Convoquez De Blandières et la milice! Je vais voir notre Président Directeur Général.»

Et Hobbins Delamont de partir à grandes enjambées de son propre bureau, sans se donner la peine de saluer le nain ou bien même de le reconduire dehors en premier lieu.


Dix minutes plus tard.

Il y avait rarement de moments comme ceux-là dans la vie d'un administratif. Oh bien sûr, quelques contrats et quelques innovations spectaculaires des Industries avaient déjà bien remplis le cota de joie de l'homme qu'était le conseiller, mais son excitation ne semblait plus connaître de limites quand il pénétra dans le bureau de son employeur et lui exposa la grande nouvelle. Il n'y avait pas plus d'espoirs pour l'homme d'affaires qu'à ce moment là. Il laissa bien entendu Flinson Steelwood ingérer la nouvelle. C'était là une véritable cellule de crise qui s'était improvisée entre le directeur et son conseiller, qui ne manquait pas un instant pour faire montre de son enthousiasme revigoré par chaque perspective, chaque promesse d'une richesse nouvelle. L'entrain fut tel qu'il avait déjà commencé à faire des spéculations en tout genre, et ne s'était calmé qu'après maintes respirations forcées.

«Comprenez bien, Monsieur Steelwood, qu'il s'agit là d'une opportunité sans précédent. L'ouverture d'un tout nouveau marché, les demandes en armement qui vont crescendo ! Sans oublier les ressources à disposition sur place, immenses, sans limites. Mais il vous incombe de prendre la décision, la meilleure, Monsieur. Car sans nul doutes nos prochaines actions sous votre égide changeront la face de nos Industries! de cette guerre, de ce continent, et de ce monde!»


Dernière édition par Augustus V. Lutgardis le Lun 8 Oct - 11:13, édité 1 fois
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Re: [Industries Steelwood] Balayer les brumes

Message par Flinson Steelwood le Lun 8 Oct - 10:45

Cliquetis....cliqueta....cliquetis....cliqueta.
Un souffle, une expiration las, ennuyé. Le bruit d'un coussin sur lequel on se repositionne, précédent un léger claquement de talon d'escarpin sur un parquet de bouleau.
Cliquetis....cliquetis.
Ce métronome immuable, parfaitement réglé et accordé, d'une horloge somptueuse et sublime, faite au creux de la roue d'un délicat engrenage de titane, celui-là même qui sert de cercle au symbole des industries Steelwood, et dans lequel trône en l'espèce une mécanique faramineuse. Un travail d'orfèvre ayant nécessité une quantité folle d'heures de travail et un salaire monstre, pour sa simple beauté.
Cliquetis...cliqueta.
Les pistons s'affaissent mollement, frottant sans un bruit la tuyauterie de platine huilée, tandis que les engrenages pivotent sur eux-même au rythme de la trotteuse, seconde par seconde.
A cette mélopée d'une douceur sans pareille s'ajoute le bruit significatif que certains auront eut la chance d'entendre par le passé. Celui des célèbres bésicles de Flinson, dont les oculaires se dépliant et se rétractant offrent une douce sonorité mécanique, tandis que de délicates flopées de vapeurs en quittent les arrêtes.



Bon sang ! Ce que je peux m'ennuyer ! Rien ne se passe plus dans ce maudit continent !
Les Fils du Nord ? Allez savoir pourquoi, mes associés m'informent que l'Ost Pourpre aurait affrété un navire et quitté la côte de l'Est. La cause que je chéris tellement est donc en pause pour le moment.
Mes industries ? Leurs productions ont repris leurs courts. Leurs fluctuations sont maitrisés et les rendements ré-établis. En bref, tout va parfaitement bien, comme toujours.
L'opéra ? Pas en journée ! Le théâtre ? Pas plus ! La foire ? J'en reviens.
La Circonscription ? Certes, je n'ai presque jamais ressenti pareil engouement. Mais à peine eus-je sauté de joie lors de la cérémonie d'inauguration de mon aéronef que milady Sandtown de m'avouer qu'elle devait d'abord gérer toutes les procédures administratives afin d'informer les autorités compétentes de la mise en circulation de notre petite perle, sous peine de créer un litige.

Un litige ? Mais je pourrais raser la capitale ! Je vous en donnerais moi, du litige !
Diantre ! Je me suis offert les cieux, qui n'a jamais rêvé de voler ? Et voilà qu'on m'en prive ? C'est foutrement déplaisant, et parfaitement contraire à mon éthique.
Ce que le temps peut-être long !

Je suis là, las et fatigué de ne rien faire, adossé nonchalamment à mon large fauteuil de cuir, un pied contre le sol et l'autre talon de l'escarpin contre le haut de mon bureau.
Le haut-de-forme, creux sur le nez, yeux perdus à l'intérieur du couvre-chef, tandis que je travaille mon imagination en un endroit plus amusant que celui-ci. Mes rêveries sont cependant dérangées en leur déroulement tandis que j'entends un fiacre freiner en hâte dans ma cour intérieur, sous le bruit si particulier des graviers subissant l'affront des essieux.
Je me lève avec fainéantise avant de me diriger face à la baie vitrée de mon bureau, observant la cour.
Ne serait-ce pas Hobbins que voici ? Il devrait pourtant se trouver aux vals de Syl, à cette heure-là. Peut-être vient-il prendre le thé ? C'est presque l'heure et au moins aurais-je un interlocuteur. Soit ! Je passerais outre cette petite entorse et...
Et là ? Sylvain ? Mais que fabrique t-il ici celui-là ? Je le croyais en déplacement. Oh, et il est également int...

Me voilà coupé en pleine réflexion ! Alors même que je m'interrogeais sur l'arrivée de deux de mes plus proches collaborateurs, voilà qu'une dizaine de carrosse arrivent cahin-caha de la même manière que le précédent ! Tous se stoppent et tous s'ouvrent sur mes plus fidèles superviseurs. Ou "la milice", comme nous la nommons dans le jargon.
Qu'est-ce que cela veut dire ? Un coup d'état ? Non, de Blandières ne cautionnerait pas. Et notre juriste préférée n'aurait pas laissé passer pareille stupidité. Une mauvaise nouvelle ? Une de nos filiales est compromise ? Un de nos clients se plaint de nos services ? Le roi Grisetête est enfin décédé, et nous allons enfin pouvoir prendre légitimement Gilnéas ?

J'en suis là de mes questionnements lorsque l'on frappe. Je dit d'entrer et voilà qu'Hobbins s'avance vers moi. La nouvelle qu'il m'annonce est pour le moins... frappante...
J'en suis réduit à devoir me rasseoir au fond de mon fauteuil, abasourdi.
C'est le genre d'évènement qui fait le cours d'un monde. Celui qui annonce un nœud de fils directeurs de l'histoire, dont il n'appartient qu'à nous d'en choisir un parmi pléthore de possibilité.
C'est le genre de nouvelle qui permettrait les premiers test officiels de la Circonscription.
C'est le genre de nouvelle qui légitimerait une sortie de mon aéronef sans les autorisations requises. Après tout, si nous partons pour cette terre inconnue avec pour but officiel de soutenir l'Alliance, nous pas militairement mais pas notre simple présence, alors nul doute qu'aucun règlement ne tiendra contre la dérogation que nous ferions.
Mais surtout, c'est le genre de nouvelle qui me sortirait de cette morosité infernale !
Je contiens difficilement ma curiosité sous un masque de pragmatisme. Difficulté sublimée eut égard le manque de contenance dont fait preuve Hobbins, ce à quoi il ne m'a pas habitué et qui vient me conforter dans ma propre impatience.

"Je suis le premier intéressé par les possibilités qui s'offrent à nous, Mr. Delamont. Si ce que vous dites est vrai, il est évident qu'il s'agit là d'un tournant de notre histoire, et il serait inconvenant que nos industries n'apportent pas leur pierre à l'édifice."

Je me cale un peu plus au fond de mon siège, me redressant légèrement, distingué.

"De surcroît, qui sait quelles exploitations pourraient être envisagées en ces terres ? Il s'agirait donc d'être les premiers industriels sur place afin de pouvoir obtenir la main mise et le monopole sur les éventuelles sources de rendements de ce continent. Si tant est qu'elles existent, mais nous ne pouvons pas laisser passer une pareille occasion."

Je pose mon menton au creux de la paume de ma main, le coude posé sur l'accoudoir et l'avant-bras relevé à la verticale.

"Néanmoins, nous ne disposons à l'heure actuelle d'aucun moyen de transport maritime. Nous ne pouvons mander dans l'urgence le concours de la compagnie Varig Overseas. Je suis persuadé que, devant l'urgence de la situation et malgré leur adorable dirigeante, ils ne manqueraient pas de nous surtaxer la prestation. A cela me rétorquerez-vous d'envisager la Circonscription. Et je suis le premier à y penser, rassurez-vous... *je plante un court silence avant de reprendre* Toutefois, vous n'êtes pas sans savoir la consommation certaine de notre aéronef. Et aussi intrigué suis-je par cette contrée, nous ne pouvons ignorer les coûts d'une telle expédition."

Je porte mon regard sur Hobbins.

"Nous avons donc d'un côté, une terre innexplorée, qui en compagnie de potentiels bénéfices n'attend que nous... et de l'autre une perte certaine de nos fonds..."

Je me relève, enfilant mon haut-de-forme à cheminée tout en souriant follement à mon second.

"Qu'attendons-nous ?"

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