Aigle et Dragon

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Aigle et Dragon

Message par Durandill le Mer 24 Oct - 3:19

L'Aigle contemplait la vallée en contrebas, impassible. Il ne pouvait en être autrement, après tout, il était fait de roche.

Bien des mois auparavant, son regard de pierre s'était posé sur un être semblable à lui, et pourtant bien différent. Par la taille, ils étaient presque identiques. Par l'aspect, en partie, car tous deux étaient des créatures ailées, nées pour voler. Enfin, tous deux venaient de la terre, et étaient des gardiens.

Mais la grande différence, la seule qui comptait, finalement, c'était la vie et la rage qui animait Aile-de-Mort, tandis que l'Aigle qui surplombait la demeure des Marteau-Hardi était condamné à l'immobilité. Quelques années après l'installation des nains dans les Hinterlands, quand la gigantesque sculpture avait été achevée, certains chamans, un soir d'ivresse, s'étaient convaincus que la statue était un élémentaire qui les protègerait en cas de grand péril. Ils avaient tenté de le réveiller à grand coup de totem dans le croupion et d'offrandes de bière dans le bec, mais l'Aigle était resté de marbre.

Il n'avait pas bougé quand Zul'jin et ses trolls s'étaient joints à la Horde lors de la seconde guerre et avaient déferlé sur la région. Il n'avait esquissé aucun mouvement quand la Scholomance avait vomi une armée de non-morts pour tenter de s'emparer des Hinterlands. Il n'avait même pas tremblé lorsque le Cataclysme avait ébranlé les fondations du monde. Et quand les yeux du Destructeur s'étaient posés sur le Nid, décidant de l'engloutir dans les flammes, l'Aigle n'avait rien fait. Il ne pouvait en être autrement, après tout, il était fait de pierre.

Et quand bien même la statue aurait pu déployer ses ailes, s'arracher à la terre qui l'avait vue naitre, prendre son envol jusqu'à masquer le soleil, pour mieux fondre sur les ennemis des nains, cela n'aurait pas été nécessaire, car il y avait d'autres Aigles pour combattre les trolls, repousser les morts-vivants, apaiser les éléments.

Ainsi, les flammes d'Aile-de-Mort n'avaient pas fait fondre la pierre, car elles s'étaient détournés vers les fiers nains qui portaient le nom d'Aigles de Wildhammer.

Ils avaient rempli le ciel, masquant le Nid au regard perfide du Destructeur, guidés par un paladin qui avait brandi sa Quel'Serrar, forgée au souffle d'Onyxia, et trempée de son sang selon l'antique voie à suivre pour créer ces armes légendaires. Cependant, dans les légendes, les Dragons se liaient volontairement aux lames elfiques. Quand Durandill avait découvert le vieux livre expliquant comme forger de telles lames, c'était devenu une obsession. Quel forgeron aurait pu résister à une telle tentation ? Mais c'était avant la redécouverte du Norfendre et du temple du repos du Ver. A cette époque pas si lointaine, les dragons ne se mêlaient pas aux mortels. Les enfants d'Ysera parcouraient le rêve d'émeraude, les grottes du temps demeuraient inviolées, ensevelies sous le sable de Tanaris, et le vol bleu protégeait jalousement des vieux lieux de pouvoir, attaquant à vue. Trouver un dragon volontaire aurait été impossible. Si le dragon devait être contraint, autant que ce soit un dragon noir. Le combat n'avait trouvé aucun vainqueur définitif, mais Onyxia y avait perdu quelques écailles, un peu de sang et le forgeron avait terminé son œuvre avant de s'échapper.

Aile-de-Mort avait reconnu l'épée pour ce qu'elle était. Il avait aussi senti sur le dos de plusieurs nains des écailles de dragons noir cousues sur des capes. Il n'avait aucun amour pour son vol, ses enfants, mais laisser cette lame aux mains d'un insecte nain lui avait été intolérable. Il avait infléchi son vol, pourchassant les Aigles de Wildhammer.

Et c'est ainsi que l'Aigle de pierre avait vu repartir l'ancien Aspect à la poursuite des défenseurs du Nid. Et il avait vu revenir les survivants, les blessés et les morts, mais pas le Destructeur, qui avait porté sa rage vers d'autres contrées.

Sous son ombre, les nains avaient pleuré leurs morts, pansé leurs blessures. Et repansé leurs blessures. Et encore. Car l'Ombreflamme d'Aile-de-Mort semblait ne jamais vouloir cesser de brûler. Les chamans, prêtres, guérisseurs de tout genre avaient uni leurs efforts pour finalement venir à bout des brûlures. Tous avaient guéri, à l'exception du Gardien du Nid, auprès duquel les soigneurs s'étaient relayés, en vain, comme si Aile-de-Mort avait mis toute sa haine dans ce souffle, pour qu'il le brûle pour l'éternité. Les rumeurs de Norfendre avaient guidé les nains jusqu'au trône de glace, au sein duquel brûlait la flamme d'un autre Aspect. Forts de cette connaissance, c'était finalement auprès des mages qu'une solution avaient été trouvée : enfermer Durandill dans un bloc de glace.

L'Aigle contemplait la vallée en contrebas, impassible. Il ne pouvait en être autrement, après tout, il était fait de roche. Son regard de pierre se posa sur un être en tout point différent de lui... Du moins, sous la forme humaine qu'Irion avait choisi d'adopter.

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Re: Aigle et Dragon

Message par Durandill le Mer 21 Nov - 21:06

Les nains du Nid-de-L'Aigle avaient commencé à l'appeler "Le Prince Noir", sans savoir vraiment qui lui avait trouvé ce surnom, ou pourquoi. Peut-être était-ce à cause de son étrange tenue aux étoffes aussi originales que riches, qui le faisaient passer pour un noble ? Son port altier, ou la couleur sombre de sa peau y étaient-ils pour quelque chose ?

Ou peut-être, tout simplement, qu'Irion s'était arrangé pour que les nains le nomment ainsi, et qu'ils pensent que c'était leur idée. Car depuis qu'il avait ce surnom, personne n'avait songé lui demander son nom.

Installé à l'auberge, Irion s'était montré un client exemplaire pendant plusieurs semaines. Il occupait ses journées à visiter la ville et la région, à se renseigner sur les nains, et passait à leur yeux pour un touriste.

Sa présence avait d'abord fait l'objet de commérages, car il semblait qu'il cherchait quelque chose, sans jamais le demander directement, mais après quelques temps, il faisait presque partie du paysage.

Et puis un jour, ayant réussi à quitter quelques jours ses responsabilités au Conseil des trois Marteaux de Forgefer, le Haut-Thane Falstad revint au Nid.

Le premier jour, Irion ne quitta pas sa chambre, attendant que la rumeur de sa présence parvienne aux oreilles du Haut-Thane. Le second jour, il s'arrangea pour être apperçu de loin par le nain. Et le troisième jour, il demanda une audience.
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Re: Aigle et Dragon

Message par Durandill le Lun 17 Déc - 4:02

Le Prince Noir... qui se fait annoncer ainsi, sans donner son nom? Le Haut-Thane Falstad était perplexe. Et ce qui ajoutait à sa perplexité, c'était l'air complètement ahuri du garde Brassefer venu lui annoncer le visiteur quand il lui avait demandé "quel Prince Noir ?".

La réponse avait été "Ben, le Prince Noir quoi...", comme si ça allait de soi, juste avant que Brassefer ne réalise qu'il n'en savait pas plus.

Mais la curiosité de Falstad était piquée, aussi décida-t-il finalement d'accéder à cette requête immédiatement. La gestion du Nid ne nécessitait plus sa présence, et les Aigles survivants étaient maintenant sous les ordres d'Erben. Par ailleurs, son frère Kurdran gérait les clans des Hautes-Terres. Falstad voyait donc son retour dans les Hinterlands comme des vacances, et recevoir cet étranger était une distraction bienvenue.

Irion entra et examina la pièce lentement, notant une décoration sobre, et la grande fenêtre qui donnait sur un balcon, se rappelant la légère claustrophobie héritée de la guerre des trois marteaux, avant que ses yeux ne se posent sur le chef du clan Marteau-Hardi. L'endroit ne sentait pas le renfermé, mais on se rendait compte très vite que ce n'était pas une pièce très usitée.

Dès que le garde se fut retiré, Irion s'inclina : "Mes hommages, Haut-Thane Falstad. Ravi de faire votre connaissance, et merci de me recevoir."

Falstad détaillé l'homme qui se tenait devant lui, sa peau cendreuse, ses vêtements à la coupe improbable, son turban, et ses yeux perçants. Quelque chose chez lui mettait le nain mal à l'aise, aussi fit-il ce que tout nain aurait fait à sa place : il attaqua.

"Je vous souhaiterais volontiers la bienvenue, mais il s'avère d'une part que vous êtes dans la région depuis un bout de temps, et d'autre part que j'ignore qui vous êtes."

Irion esquissa un léger sourire : "Droit au but. Bien, je ferai de même. Mon nom est Irion, et ma présence dans votre cité a un but bien précis : je suis à la recherche des derniers dragons noirs."

Falstad resta de marbre, mais avec une certaine difficulté. Le vol noir n'avait apporté que malheur aux Hinterlands. Il se souvenait des innombrables dragons que Nefarian avait lâché sur eux, quelques années auparavant, quand il avait cru les Aigles responsables de la mort d'Onyxia, et plus récemment de l'attaque d'Aile-de-Mort lui même.

Mais Aile-de-Mort avait succombé, et son vol s'était éteint avec lui, c'est du moins ce que disait la rumeur.

"Tiens donc... Et vous les cherchez ici ? Vous n'êtes pas au bon endroit, garçon. S'il y a bien un endroit où les enfants d'Aile-de-Mort ne sont pas les bienvenue, c'est ici."

Irion balaya l'argument : "Justement. Quelle meilleure cachette qu'un endroit rempli de personnes qui haïssent votre engeance ? Qui penserait à vous chercher à cet endroit ? Les dragons ont depuis toujours revêtu l'apparence de mortels pour se mêler à eux, vous ne l'ignorez pas."

Falstad n'était pas encore convaincu : "Vous, de toute évidence, vous y avez pensé. Et pourquoi cherchez-vous ces dragons, qu'ils soient ici ou ailleurs ?"

"Pour les éliminer. La fin d'Aile-de-Mort doit être suivie par celle de son vol. Nous avons vu de quoi étaient capables ses enfants, Onyxia et Nefarian. Aucun d'eux ne doit reprendre ce chemin dévastateur."

Le Haut-Thane ne pouvait le contredire sur ce point. "Admettons que je vous croie... Comment comptez-vous les démasquer ?"

Irion hésita, avant de d'opter pour la sincérité. Un mensonge aurait peut-être été plus efficace, mais ce nain ne semblait pas facile à berner.

"J'y ai déjà travaillé durant les semaines passées ici. Je sens sa présence, et j'ai exploré votre Nid autant que j'ai pu, mais il y a des endroits sous-terrains qui sont interdits aux étrangers, et c'est là que j'ai besoin de votre aide. Pour autant que je sache, il n'a pas bougé, je pense donc qu'il se terre quelque part... A moins qu'il ne soit votre prisonnier."

Voilà, c'était dit. Mais la réaction de Falstad surprit Irion : il soupira.

"Un prisonnier... J'imagine qu'on peut dire ça comme ça... Vous 'sentez' une présence, mmh? Et bien vos 'sens' sont un peu émoussé, je le crains. Suivez-moi."

Le nain se leva et quitta son bureau sans autre forme de procès, ne laissant au Prince Noir aucun choix si ce n'est celui de le suivre. Et ainsi commença la longue descente dans les profondeurs de la montage. Irion allait de surprise en surpris, car depuis Grim Batol, les Wildhammer étaient réputés pour vivre à la surface. La température descendait au fur et à mesure qu'ils s'enfonçaient sous la terre, guidés par la torche du nain. Ils passèrent devant de nombreuses portes, et Irion demanda s'il s'agissait de prisons.

"Nous avons quelques cachots ici bas, pour nos prisonniers qui savent voler, mais la plupart de nos cellules sont à ciel ouvert au sommet du pic."

Irion eût un moment de panique. Etait-il en train de se jeter dans le bec de l'aigle ? Falstad était-il en train de jouer avec lui, venait-il de lui avouer qu'il comptait le jeter dans une cellule de laquelle il ne risquait pas de s'envoler ? Pourtant, le nain continuait comme si de rien n'était. Le Prince se dit que si c'était un piège, il n'aurait aucune honte à être berné par un tel comédien.

Perdu dans ses pensées, il ne remarqua même pas qu'ils avaient atteint leur destination. Falstad avait ouvert une porte d'où s'échappait un courant d'air glacial. La présence qui avait mené Irion jusqu'aux Hinterlands se faisait plus forte, il était au bon endroit. Passant devant le nain, il entra dans la pièce, prêt à affronter l'un de ses derniers frères, et contempla à la place le corps inerte du Gardien du Nid, Durandill Forgeciel, enfermé dans un bloc de glace.

Derrière lui, la porte se referma, mais le Prince Noir était trop abasourdi pour l'entendre.
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Re: Aigle et Dragon

Message par Durandill le Dim 23 Déc - 11:38

Irion passa la main sur le cercueil de glace. Il ne voyait pas d'autre nom à donner à cet objet singulier.

"Ce n'est pas un dragon déguisé en nain, si vous vous posez la question." affirma Falstad derrière lui. Le Haut-Thane s'avança à son tour pour rejoindre son visiteur.

Irion hocha la tête : "Je le vois bien. Et je vois les traces de brûlures... Astucieux... Vous avez réussi à contenir une Ombreflamme..."

Falstad étudiait Irion, et il n'aimait pas ce qu'il voyait. Il était comme un enfant sur le genoux du Grand Père Hiver, admirant le travail des nains pour préserver le Gardien du Nid, ou pire, ce qui le dévorait de l'intérieur.

"On disait que l'Ombreflamme de Nefarian pouvait balayer une armée. Ce nain l'a combattu un jour, et même s'il n'a pas été victorieux, il a n'a pas été vaincu pour autant."

"Je n'en doute pas, Haut-Thane, mais cette Ombreflamme-ci... C'est celle d'un Aspect... Et elle brûle toujours alors qu'Aile-de-Mort a été vaincu... Il ne devait vraiment pas apprécier votre ami."

Le regard de Falstad se durcit : "Je ne vous ai pas amené ici pour vous divertir. Vous prétendez être un expert, que pouvons-nous faire ? Nous l'avons soigné, mais cette flamme le brûle sans cesse. Nous n'avons trouvé que ce moyen pour stopper le processus."

Sentant monter la colère du nain, Irion masqua son enthousiasme.

"Souvenez-vous que l'expert a été dupé, croyant trouver ici un dragon, et pas un écho de la puissance du Destructeur. Mais je pense pouvoir dissiper l'Ombreflamme. A deux conditions. La première, vous devez me laisser seul avec lui, je ne veux aucun témoin. Et la seconde, vous devez me raconter ce qu'à fait ce nain pour mériter un tel traitement..."

Falstad inclina la tête. "Vos conditions sont acceptées. Sortez-le de là, et vous comprendrez vous même. Si ce n'est pas le cas, je satisferai votre curiosité."

Le nain se dirigea vers la porte, et Irion se retrouva seul avec la dernière victime de son père. Qu'avait donc voulu dire Falstad ? Cela importait peu. L'Ombreflamme portait en elle la folie d'Aile-de-Mort, et devait disparaitre au même titre que ses frères corrompus. Irion n'aurait jamais pensé pouvoir s'opposer à la Flamme de son père, et il jubilait à cette idée.

"Restons calme... Il s'agit de ne pas carboniser notre ami barbu, n'est-ce pas ?"

Le Prince Noir inspira, et reprit sa forme originelle. Puis, il expira.
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Re: Aigle et Dragon

Message par Durandill le Ven 4 Jan - 22:09

A sa demande, son lit avait été installé sur le balcon de ses appartements. Comme tout Wildhammer, il n'avait jamais été très à l'aise avec les environnements confinés. La guerre des Trois-Marteaux et la perte de Grim Batol avait laissé des séquelles qui perdureraient encore pendant des générations, et le fait d'être enfermé dans un bloc de glace au plus profond sous le pic Aerie avait fortement accentué ce qui n'était qu'une légère claustrophobie.

Durandill allait mieux. Ses blessures avaient enfin pu guérir, il avait quitté sa prison de douleur et sa prison de glace, et tout ça, il le devait à un homme... une créature qu'il n'avait même pas pu rencontrer.

Après l'avoir libéré, Irion avait quitté les Hinterlands pour une destination connue de lui seule, et le nain était resté comateux plusieurs jours après son départ. C'était il y a plusieurs semaines maintenant, et Durandill goutait la fraicheur d'une nuit d'automne accoudé à son balcon.

Il peinait à trouver le sommeil. Ce serait sa dernière nuit au Nid-de-l'Aigle avant longtemps. A son réveil, il avait découvert qu'Erben le remplaçait à la tête des Aigles survivants, et le convalescent n'avait pas souhaité retrouver son poste, ni aucune responsabilité. Une fois complètement remis, il avait décidé de s'éloigner du Nid, de parcourir le monde. Comment, il l'ignorait au moment de prendre sa décision, son griffon Fièreplume ayant succombé lors de l'attaque d'Aile-de-Mort. A pied, pourquoi pas ?

Et la solution s'était présentée d'elle-même, sous la forme d'un recruteur de l'armée d'Hurlevent, cherchant équipage pour les canonnières. Il avait énoncé le célèbre Brûleciel, qui avait participé au combat contre l'Aspect de la Mort, et sur lesquels tous les volontaires voulaient voler, mais c'est un autre aéronef qui avait retenu l'attention de Durandill : le Forgeciel.

Oh, les armateurs ne l'avaient pas nommé à partir du patronyme du nain, ils avaient simplement continué à mettre "ciel" dans chaque nom. Mais la coïncidence avait amusé Durandill et il avait obtenu d'y être affecté. Il partait pour Hurlevent à l'aube, en ensuite, destination inconnue.

Dans le lit derrière lui, les couvertures remuèrent et laissèrent apparaitre une naine ensommeillée, tâtonnant à la recherche de son compagnon. Ne le trouvant pas, elle ouvrit les yeux et le vit, contemplant les étoiles. Durandill entendit les couvertures bouger, et les pas dans son dos, puis elle fut là derrière lui et l'enlaça sans un mot.

Il brisa le silence "Plus que quelques heures avant l'aube..."

La rouquine le serra plus fort, mais ce n'était pas une manière de l'empêcher de partir. Rester au Nid était une torture, il avait besoin de se sortir ces évènements terribles de la tête. Le clan avait pu faire son deuil, mais Durandill s'était réveillé des mois plus tard comme si cela avait eu lieu la veille, et c'était encore frais dans son esprit. Il était en complet décalage.

La naine le savait, fallait qu'il parte. Les nuits se rafraichissaient, et l'hiver venait. Pas question de dormir sur un balcon dans ces conditions.

Elle l'attira vers le lit : "Alors profitons de ces dernières heures".
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Re: Aigle et Dragon

Message par Durandill le Lun 14 Jan - 5:54

Le carnet était neuf. Ce n'était pas la première fois qu'il tenait un journal, c'était déjà le cas quand il parcourait le monde des années auparavant. Mais comme sa vie, interrompue entre le feu et la glace, l'écriture avait été remise à plus tard par toutes les tracasseries qui découlaient des responsabilités. Ce journal là était resté au Nid. Un nouveau départ, un nouveau journal.

Durandill prit la plume et commença à réfléchir. Qu'allait-il noter ? A partir de quand ? Son voyage des Hinterlands jusqu'à Hûrlevent n'avait rien eu de remarquable. Son arrivée à la caserne, son affectation à la main ? La rencontre avec les soldats et les officiers du Forge-Ciel ? La visite de cette cannonnière qui portait le même nom que lui ?

"Journal de Dur" inscrivit-il sur la première page. Un diminutif, déjà usité par ses amis. Il avait utilisé un faux nom de famille. Entrer dans l'armée sous une fausse identité avait été d'une simplicité effarante. Évidemment, ses tatouages tribaux l'identifiaient immédiatement pour ce qu'il était : un nain Marteau-Hardi. Il avait choisit d'être là incognito pour des raisons pratiques : porter le même nom que le bâtiment sur lequel il allait servir était certes amusant, mais il souhaitait un nouveau départ. Le passé devait rester derrière lui.

Il passa à la page suivante, et commença à décrire la vie à bord, rythmée par la nécessité d'avoir toujours du monde au travail pour faire voler cette machinerie. Il mentionna quelques anecdotes sur ses compagnons, et sur le début du voyage, qui s'était passé sans heurts, mis à part deux tempêtes particulièrement violentes.

Le lendemain, il reprit la plume et nota quelques mots : rien à signaler. Le surlendemain, il n'y avait toujours rien, alors il nota le menu. Après une semaine, il décida de se relire, et s'il trouva la première entrée intéressante, les suivantes étaient d'une banalité affligeante. Il y eut quelques pages intéressantes sur la visite d'une île ravagée par l'éruption de son volcan, et qui avait semblait-il abrité une colonie gobeline, mais la lave avait tout recouvert, la cannonnière avait repris sa mission d'exploration et le journal de Durandill ses banalités.

Et puis leur chemin croisa celui d'une flotte de la horde...

"Retraite... Pour son baptême du feu, le Forge-Ciel n'a pas fait honneur à son nom. Nous avions l'avantage du ciel, mais la horde avait l'avantage du nombre, et leurs canons avaient une meilleure portée que ce dont nous nous attendions. Les dégâts sont importants, et nous avons perdu plusieurs gyrocoptères. Les blessés sont nombreux, et une dizaine de morts sont à déplorer. Le moteur arrière tribord s'est arrêté peu après que la flotte ennemie soit hors de vue, et nous volons maintenant à vitesse réduite. Les trois moteurs suivants suffisent à peine à nous maintenir en l'air.

Il n'y a pas grand chose à faire pour le moment, nous cherchons un endroit où nous poser. Si au moins la coque de ce bâtiment était pleine, nous aurions pu amerrir, mais de toute évidence, les armateurs n'ont pas pensé que ça pourrait être utile lors d'une mission en mer. Le moral est au plus bas, et une tempête approche."

Le nain lâcha la plume au cri de "tout le monde sur le pont!" vociféré par le second Mathews et se précipita pour découvrir quelle nouvelle calamité les attendait.
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Re: Aigle et Dragon

Message par Durandill le Dim 20 Jan - 6:49

Journal de Dur

"Nous avons essuyé une troisième tempête, moins violente que les précédentes, mais cette fois, le Forge-Ciel était endommagé, plusieurs membres de son équipage étaient mort ou blessés. Cette fichue tempête n'a rien arrangé, elle a duré toute la nuit, et maintenant que le ciel est découvert, nous survolons l'océan sans le moindre point de repère.

Les moteurs donnent des signes de faiblesses, même si nos ingénieurs ont réussi à faire repartir celui qui était en panne, et attendre toute la journée pour que les étoiles puissent indiquer notre position est trop risqué. Le commandant a donc décidé de faire décoller tous les gyrocoptères restant, les envoyant dans toutes les direction. Le premier à trouver une lieu où nous poser devra émettre un signal qui sera reçu par la cannonnière et les autres gyrocoptères.

On est en train de préparer mon appareil avec une réserve de carburant et quelques vivres. Je devrais pouvoir voler trois jours avec ce truc, il ne reste qu'à espérer que je trouverai... ou qu'un autre trouvera la terre ferme avant. Avec l'absence des pilotes, plus les blessés et les morts, l'effectif à bord sera fortement réduit. Le commandant va faire mettre les chaloupes à la mer, et construire un radeau, qu'ils traineront à bonne distance derrière le Force-Ciel. S'il venait à tomber à la mer, l'équipage devrait pouvoir atteindre les embarcations.

Envisager le pire n'aide pas au moral des troupes... Le mécano vient de m'annoncer que mon gyro était prêt. Je vais laisser ce journal à bord, au cas où le Forge-Ciel aurait plus de chances que moi... Je ne sais pas encore ce que je ferai après avoir volé un jour et demi..."
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Re: Aigle et Dragon

Message par Durandill le Mar 5 Fév - 7:09

La vie de démon mineur dans le néant-distordu peut-être très ennuyeuse... Si vous avez la chance d'être un démon un peu important comme un gangregarde ou un infernal, vous serez souvent invoqués par des démonistes. Une succube ou un marcheur du vide aura toujours du succès, et même le diablotin est très demandé, même s'il ne servira que de réserve de mana à son invocateur.

Mais quand vous êtes un mini-démon pas plus grand qu'une souris, que vous ne connaissez qu'un seul sort, et qu'il suffit de vous bousculer un peu trop violemment (ou de vous marcher dessus) pour vous renvoyez dans le néant distordu, il n'y a que les apprentis démonistes derniers de classe qui finiront par abandonner et se faire mage pour tenter de vous invoquer. Et la moitié du temps, c'est par accident.

Et pourtant, tout d'un coup, Xirfzrku et ses amis, qui passaient le temps en s'ennuyant ferme sur un bout de caillou flottant dans le vide, se firent appeler les uns après les autres. Leur arrivée sur Azeroth les marqua à tout jamais, car c'était la première fois qu'ils quittaient le néant. Passez d'un endroit complètement vide à l'effervescence d'un bâtiment de guerre en perdition excita leur curiosité, mais ils n'allèrent pas bien loin. Le démoniste qui les avait invoqua les rappela très vite à l'ordre, d'une manière qui les sidéra, car ceux des leurs qui avaient connu cet insigne honneur les avaient mis en garde : s'ils devaient être invoqués, ça serait par un minable à qui il serait facile d'échapper. Or, ce démoniste irradiait de puissance. Une erreur n'était pas possible face à tel pouvoir : ils avaient été invoqués volontairement.

Le choc de la révélation en foudroya trois sur place, et ils s'évaporèrent en un nuage jaunâtre pour retourner vers le néant. Mais ceux dont le cœur avait encaissé le choc furent vite mis au pas.

Et ainsi commença leur première mission qui allait être d'importance, tandis que le démoniste les guidait jusqu'aux gyrocoptères du Forge-Ciel et qu'il les installait précautionneusement à bord.

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Re: Aigle et Dragon

Message par Durandill le Ven 15 Fév - 5:58

Le moteur du gyrocoptère donnait des signes de faiblesses, et Durandill ignorait combien de temps il allait tenir. Revenir en arrière n'était plus une option : jamais l'appareil ne tiendrait assez longtemps, même si le carburant l'avait permis.

Il avait voulu un nouveau départ, et c'était la fin qui s'annonçait. Seul, perdu entre ciel et mer, en pleine nuit sans lune, il repensa aux instruction du démoniste juste avant le départ.

"Chacun de vous aura un petit démon à bord, dans cette petite capsule. En tant que leur invocateur, je sens leur présence. Si l'un d'eux meurt, je le saurai, et je pourrai le réinvoquer.

Ce démon va donc vous servir à me prévenir si vous trouvez une île où poser notre bâtiment. Vous lui laisserez un message, et vous appuierez sur ce bouton. Cela aura pour effet d'écrabouiller la bestiole, la renvoyant illico dans le néant, d'où je la sortirai pour l'interroger. Une fois qu'on aura trouvé où aller, je bannirai les démons restants, vous saurez donc qu'il faut faire demi tour en quatrième vitesse pour nous rejoindre. On laissera une bouée pour indiquer notre direction. Vu que les radios sont toutes HS, c'est tout ce qu'on peut faire."

Mais le démon était toujours la boite, aussi Durandill avait-il continué son vol. Il se demandait ce qui arriverait au démon si son invocateur venait à mourir. Disparaitrait-il? Est-ce que tous les éclaireurs reviendraient pour ne trouver que quelques planches éparses, derniers vestiges du Forge-Ciel? Le paladin essaya, en vain, d'éviter d'y penser au début de son périple, mais après avoir atteint le point de non-retour, celui où le carburant restant ne lui permettrait plus de rejoindre la canonnière, il avait réussi.

La nuit était fraiche, et il frissonna. La fatigue était difficile à combattre, mais il voulait rester éveillé. Dans cette nuit d'encre, la moindre lueur serait visible, et signifierait la réussite de sa mission. Mais ses yeux se fermèrent néanmoins.

C'est un toussotement d'agonie du moteur principal du gyrocoptère qui le réveilla en sursaut. Il jura, tandis que l'appareil se mettait à tanguer violemment. Il n'avait pas besoin de piloter, vu que sa mission consistait à voler tout droit, et le pilotage automatique fonctionnait bien... tant que les moteurs en faisaient autant. Son juron mourut toutefois sur ses lèvres : la terre était en vue. Il voyait une imposante falaise à l'horizon, bordée de pic qui s'élançaient de la mer vers le ciel. Il cligna des yeux, se demandant s'il rêvait. Il se pinça.

L'île était toujours là. Ces pics gris coiffés de verdure, après n'avoir connu que le bleu de l'océan et du ciel, c'était une vision magnifique, sublimée par le silence, qu'il brisa un instant pour annoncer au démon : "On a trouvé la terre." Puis, il brisa la capsule, tuant net Xirfzrku, sans même savoir qu'il avait eu un nom. Le silence revint.

Le silence ? Durandill leva la tête : le moteur s'était arrêté.
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Re: Aigle et Dragon

Message par Durandill le Dim 28 Avr - 5:54

La plume fut levée, trempée précautionneusement dans l'encrier, et fut dirigée vers le papier sur lequel elle fut posée.

"Le goût du sel dans ma bouche.

Le picotement du sable sur mon visage et dans ma barbe.

L'odeur d'algues pourries au soleil.

Le bruit à la fois incessant et apaisant du ressac.

Voilà mon premier souvenir de Pandarie.

La chute de mon gyrocoptère, baptisé le "Faucon noir" juste avant mon départ, m'avait un peu sonné. L'appareil avait coulé à pic, et j'avais manqué de peu de me faire entrainer par le fond par les pales. L'eau fraiche avait heureusement réveillé mes sens, et j'avais nagé vers cette terra incognita, luttant contre le courant. Heureusement, je ne portais que des vêtements légers, juste un pantalon de cuir et une chemise. J'avais ôté mes bottes durant le bol pour être à l'aise.

Je fis donc mes premiers pas sur les terres de Pandarie tel l'archétype du parfait naufragé, bien que je n'ai pas eu de navire. Je supposais que ma mission était accomplie, le démon ayant été éliminé, si ce n'est pas moi, par la chute ou la noyade. Il ne restait plus qu'à espérait que le Forge-Ciel arriverait jusqu'ici.

Dans l'intervalle, il me fallait trouver de quoi survivre, à commencer par de l'eau. J'ignorais combien de temps j'étais resté évanoui au soleil après avoir nagé jusqu'à la plage et jusqu'à l'épuisement, mais j’accueillis avec plaisir l'ombre de la forêt toute proche.

Mes péripéties des jours suivants ne valent pas vraiment la peine d'être relatées : je trouvai une ruisseau, que je décidai de suivre pour avoir de l'eau potable à disposition, et je finis pas atteindre une route. La route me mena à Pao'don, et je rencontrai ainsi à la fois l'Ost Pourpre, dont le navire avait fait naufrage près des côtes de Pandarie et qui découvrait les autochtones en même temps que moi, et des troupes de l'Alliance arrivées à bord du Brise-Ciel, qui avaient combattu la Horde près du village.

N'étant connu de personnes à bord de la cannonnière, je décidai de rejoindre l'Ost qui avait reçu une mission d'exploration de la région. Un guide pandaren nous guida sur la route qui menait au nord. Nous découvrîmes, de loin, les splendeurs du coeur du serpent et du temple du serpent de jade, tandis que notre route nous menait jusqu'à Fleur-de-l'Aurore.

Soucieux de faire bonne impression, l'Ost décida d'accepter une requête des autorités du village : se rendre à Rosée-de-Miel, un autre village Pandaren, afin de vérifier si la Horde n'avait pas commis d'exactions dans la région, comme elle a pu le faire près de Pao'don. Le voyage fut pratiquement sans incident, mais l'accueil réservé pour notre arrivée par les pandarens de Rosée-de-Miel ne fut pas des plus chaleureux. Le village s'était semblait-il rangé du coté de la Horde, et nous fûmes mis en déroute. Dans notre fuite, nous vîmes à travers le feuillage de jade se découper la forme d'une gigantesque canonnière fortement armées, qui pilonnait depuis le ciel les positions de l'Alliance dans un temple tout proche.

Bien décidés à infléchir le cours de la bataille, mes camarades et moi-même traversâmes les lignes ennemies pour rejoindre ce temple. De ses hauteurs, les plus audacieux se lancèrent dans le vide, accrochés à de minuscules cerfs-volants, afin d'aborder la canonnière. L'effet de surprise leur permit de mettre le feu aux réserves de poudres, interrompant le bombardement et donnant l'occasion aux troupes de l'alliance d'évacuer ce piège à rat qu'était devenu le temple.

Ce n'est que plus tard que j'appris qu'il s'agissait du fleuron de la flotte d'Orgrimmar, le Poing de Hurlenfer. Notre action ne permit pas sa destruction, mais celle-ci eut lieu peu de temps après, et j'aime à penser que l'héroïsme de trois vaillants combattants y a contribué.

L'évacuation se passa en direction de la plage toute proche, ce qui nous permit de rejoindre des navires de l'alliance qui croisaient tout près, n'osant s'approcher à cause de la présence de la canonnière. Une fois à bord, les navires se rendirent à un village de pêcheurs, à partir duquel notre troupe rejoignit le Temple de Jade. Mais tandis que Raghtar et moi-même explorions les alentours du temple, nous extasiant sur l'architecture pandarène, Aurys trouvait un nouveau moyen de s'accorder les bonnes grâces des autochtones."

La plume trempa à nouveau dans l'encrier, mais ressorti aussi sèche qu'elle était entrée.
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Re: Aigle et Dragon

Message par Durandill le Mar 21 Mai - 22:05

Lors d'une froide soirée d'hiver au Nid-de-l'Aigle, un groupe d'enfants Wildhammer se pressait autours de l'âtre et de leur ancêtre assis dans un fauteuil, les yeux mi-clos. Les enfants tentaient de rester sages, mais leur impatience était palpable. Finalement, l'un d'eux craqua, au grand soulagement de ses camarades:

"Allez grand-père, raconte nous une histoire !"

L'ordre était lancé, et le vieux nain ouvrit complètement les yeux, rassurant du même coup son jeune public. Ils allaient l'avoir, leur histoire.

"Très bien jeunes gens, je vais vous raconter une histoire. Voyons, qu'est-ce qui pourrait bien vous plaire... Ah, je sais. L'histoire de Drakura, la fille troll qui, pour venger son père ou lui faire honneur, partit à travers le Norfendre à la recherche des morceaux de Deuillgiv..."

Mais son jeune public ne l'entendait pas de cette oreille.

"Ah non, pas encore une histoire de mort-vivants ! En plus tu l'as déjà racontée pendant la sanssaint, elle a reforgé l'épée, décapité le Roi-Liche congelé sur son trône et pris sa place."

Les autres enfants approuvèrent, et le vieux nain n'eut d'autre choix que de trouver une meilleur proposition.

"Très bien, très bien... Et pourquoi pas l'entrée triomphale des Aigles aux cotés des Fils du Nord dans Lordaeron lors de la libération?"

La majorité du public poussa des cri d’orfraies : "Naaaaan, on l'a vu au cours d'histoire, on veut une vraie aventure!"

Le conteur hocha la tête. "Vous êtes un public difficile... Très bien, ce soir, je vous emmène... En Pandariiiiie !"

Les acclamations et les applaudissement des jeunes nains le convainquirent que c'était le bon choix.


Cela faisait plusieurs semaines que je parcourais la forêt de Jade en compagnie de l'Ost Pourpre. Plus d'une fois, nous nous étions perdus, mais nous avions désormais nos propres cartes de cette contrée, et nous avions décidé d'aller voir ce qui se cachait plus profondément dans les terres. C'est ainsi que notre petite troupe pénétra dans la vallée des quatre vents. L'endroit tranchait avec la forêt luxuriante et ses montagnes escarpées : ici, nous n'avions que plaines vallonnées à perte de vue. On distinguait ici et là des fermes, et au plus loin, on entrapercevait une gigantesque muraille. Nous l'ignorions encore, mais nous avions là notre premier aperçu de l'échine du dragon, bâtie par les esclaves pandarens sous les ordres des empereurs mogu.

Hélas, à peine nos pieds avaient foulé l'herbe de la vallée qu'une estafette de l'alliance faisait son apparition, porteuse d'un pli qu'elle remit à la connétable de l'Ost, Aurys. Les ordres d'exploration prenaient fin, et la troupe était mandée d'urgence sur une côte au sud, une plage bien plus abordable que les hautes falaises surplombant la mer à l'est. Le roi d'Hurlevent, Varyan Wrynn, était sur le point de débarquer avec sa flotte.

Ne pouvant se soustraire à leur devoir, mes compagnons de voyage obtempérèrent. Quant à moi, je leur fis mes adieux. La vie militaire au sein de l'Alliance ne m'attirai plus, et je craignais d'être considéré comme un déserteur. Je décidai donc de retourner dans la forêt de Jade.

Quelques temps auparavant, j'avais assisté à un combat singulier qui m'avait laissé perplexe. Nous visitions l'Arboretum, là où les Pandarens élèvent leurs serpent-nuage. J'avais été immédiatement sous le charme de ces créatures magnifiques, et le lien qui semblaient les unir à leurs chevaucheurs me rappela bien sûr notre amitié avec nos griffons. La dirigeante de l'endroit, quant à elle, ne voyait pas notre arrivée d'un bon oeil, et demanda que nous prouvions notre valeur. Un champion de notre choix devait combattre une des leurs.

Le lieutenant Kothran... oui, lieutenant, c'était bien avant qu'il ne devienne général et n'entre dans l'histoire. Bref, il avait affronté une pandarène, et le combat avait été des plus intéressants. Kothran était engoncé dans son armure de plaque, et la pandarène ne portait qu'une légère armure de cuir. Elle se contenta d'abord d'esquiver les coups, frappant quand elle le pouvait, tandis que le lieutenant s'épuisait. Je fus très impressionné par sa technique, alors qu'elle n'avait pas d'arme, elle avait clairement le dessus sur un combattant chevronné. On dit que la première impression est souvent la bonne, et bien j’eus ce jour là une très forte impression des capacités des moines : esquive, rapidité, absence d'arme et pourtant, une efficacité redoutable. Plus d'une fois, son adversaire chargea dans le vide, car elle n'était déjà plus là, mais derrière lui, lui mettant un coup de pied aux fesses pour le faire trébucher. Finalement, Kothran s'énerva vraiment, et renversa le cours du combat. La victoire fut sienne, mais s'en était fallu de peu.

Ce combat m'avait donné à réfléchir. De fait, depuis ma convalescence, je n'avais plus porté d'armure. J'avais essayé, mais je m'y sentais mal, coincé, à l'étroit. Et non, je n'avais pas pris de poids. Mon besoin de liberté qui s'était exprimé si fortement dernièrement incluait également une liberté de mouvement. Et voir cette moniale sautillante face à un guerrier que j'avais trouvé si lent, quasi immobile... Il fallait que j'en sache plus. C'est ainsi qu'après avoir quitté mes camarades, je me rendis au monastère de Tian.

Les moines n'étaient pas sectaires : si la majorité étaient des pandarens, ils acceptaient tout le monde. Il y avait là quelques Jin'yu, des Hozens au langage presque incompréhensibles, et j'y croisais également des membres de l'Alliance et de la Horde qui s'évitaient soigneusement. Aussi n'eus je aucun problème à rejoindre les étudiants.

L'entrainement ne fut pas facile, mais j'avais des avantages certains sur d'autres nouvelles recrues : j'avais déjà une formation de combattant, et j'étais un vétéran de nombreuses batailles. Et une chose merveilleuse : j'avais passé ma vie de combattant à porter une armure de métal, un bouclier et une épée. Et voilà que je devais maintenant combattre sans rien de tout cela. Je me sentais léger, rapide, et ce n'était pas qu'une sensation. Quelques semaines plus tard, l'un de mes maitres compara cela à l'entrainement particulier que faisait subir un certain maître pandaren des années auparavant : il faisait porter à ses élèves des carapaces de tortues durant tout leur entrainement. Quand enfin il n'avaient plus rien à leur apprendre, ils étaient autorisés à l'enlever, et se surprenaient eux-même de leur rapidité sans ce poids.

Les semaines passèrent, et au fur et à mesure, des nouvelles nous parvenaient du reste de la Pandarie. La Horde avait elle aussi débarqué, Garrosh et les principaux chefs étaient tous en Pandarie. Varyan avait fait bâtir un fort dans les étendues sauvages de Krasarang, tandis que la Horde faisait de même. Tout aussi inquiétante, le présence à travers le continent de différents Sha, ces créatures nées d'émotions négatives.

La suite de mon entrainement devait désormais se passer sur le terrain. Par ailleurs, j'avais entendu des rumeurs sur la présence d'un mystérieux Prince Noir en Pandarie, et j'avais très envie de voir celui qui m'avait libéré de l'Ombreflamme d'Aile-de-Mort.

J'étais arrivé au monastère en paladin, j'en repartais en moine.
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