[Récit] Amis ou ennemis...

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[Récit] Amis ou ennemis...

Message par Gahahli le Ven 26 Avr - 3:20

Prélude
Chapitre 1

Peine… Souffrance… Mort… Désolation… c’est tout ce qu’apporte la guerre. Et c’est ce qu’ont apporté la Horde et l’Alliance à une terre qui jusqu’à aujourd’hui a été épargnée de dix milles ans de conflits et de ravages sans fin.
Gahahli Ventenuit, chasseresse elfe de la nuit de son état, était même tombée amoureuse de cette terre et avait réussi s’intégrer à ses habitants et leur culture. Elle comptait s’y installer avec sa famille une fois dispensée, mais hélas, c’était un rêve qui risquait de ne jamais se réaliser, étant donné que ce coin de paradis aussitôt découvert était devenu un champ de bataille.
La chasseresse devait pourtant s’y attendre. Chaque fois qu’elle s’attachait à quelqu’un ou à quelque chose, il faut qu’un malheur s’abatte sur ce quelqu’un ou ce quelque chose.

Des terres dévastées. Des ressources pillés. Des innocents exploités. Tout ça à cause des caprices de deux tyrans qui n’ont rien d’autres à faire que se chercher des noises, mettant en danger des millions de vies dont leur familles, leur amis, ainsi que des gens biens.
La Horde et l’Alliance. Quelle différence ça fait ?
Gahahli avait décidé de ne plus participer à ce conflit. Elle avait beau appartenir à l’Alliance, elle n’avait plus de raison de la servir. Du moins, la seule raison qui la poussait à le faire était en ce moment entre la vie et la mort.
Elle choisit donc de mener son propre combat pour défendre cette terre contre quiconque voudrait la conquérir ou même l’anéantir.

Suivie de son inséparable compagnon à ses talons, un tigre sabre-de-nuit répondant au nom de Jakua, elle quitta la caserne du Territoire de Lion et se dirigea vers l'écurie des griffons. Elle prépara sa monture pour un vol de nuit, y attacha fermement son tigre quand elle entendit :
— Alors comme ça tu nous quittes ?
Elle se retourna. C’était le nain Batël Marteau-de-Bronze, qui fut son mentor quand l’elfe avait voulu rejoindre l’Alliance cinq ans auparavant. Adossé à la charpente de l’écurie les bras croisés, il ne semblait pas vouloir l’empêcher de partir.
— Ca ne m’étonne qu’à moitié, lui dit calmement le nain. Je t’ai vu au chevet du prince. Le regard que tu avais. Je le connais que trop bien.
— Oui, je vous quitte,
lui répondit l’elfe dans un soupir. Et n’essaie pas de m’en dissuader, ma décision est prise.
— C’est bien ce que je disais,
ironisa Batël. Tu vas où, au fait ?
— Je… Je n’en ai aucune idée.

Un long silence s’ensuivit, le temps pour Gahahli de s’assurer que le secteur était désert et de trouver les mots pour expliquer sa décision.
— J’en ai assez de me battre contre des orcs et des gobelins, même si ce n’est pas l’envie qui me manque. J’en ai assez de me mettre toute la Horde à dos. Assez de servir un roi qui nous incite à agir comme notre ennemi. Assez de répandre la mort. Je veux en finir au plus vite avec cette folie avant que d’autres innocents…
Elle ne put finir sa phrase tant elle s’étrangla dans ses propres sanglots.
— Ecoute, ma fille, intervint Batël en lui donnant une tape sur le dos, je suis un vétéran de la Troisième Guerre, tu le sais. J’ai été obligé de tuer des orcs et des nains sombrefers que ce soit parce qu’on me l’a ordonné ou pour ma survie, et j’ai au également perdu beaucoup eu cours d ce conflit, y compris ce pourquoi je me suis engagé. Du coup, il y a eu une époque où j’étais partagé entre la folie et le désespoir. Bref, tout ça pour dire que je comprends mieux que quiconque ce que tu dois ressentir. Alors quelque soit ta décision, tu as mon approbation.
Touchée par ses paroles, Gahahli ne put se retenir de serrer le nain dans ses bras, oubliant totalement qu’elle avait affaire à son supérieur.
— Toi, au moins tu me comprends, murmura l’elfe à l’oreille de Batël qui en guise de réponse l’enlaça à son tour comme il enlacerait sa propre fille.

L'étreinte fut finalement brève. La chasseresse se releva et monta enfin son griffon impatient de se dégourdir les ailes.
— Veille bien sur mon fils, commanda-t-elle au nain. Et dis lui que quoi que je fasse, je le fais pour lui. Et pas un mot de mon départ à l’autre lèche-botte.
Comprenant qu’elle parlait d’un paladin avec qui l’elfe avait quelques différends, Batël lui promit de ne rien ébruiter quand le griffon prit enfin son envol. En voyant la chasseresse s’éloigner, une once d’inquiétude pinça tout de même le cœur du nain.

Aussitôt Gahahli disparue de son champ de vision, Batël se dirigea vers la barricade où un gnome pyromancien et un worgen roublard jouaient aux dès alors qu’ils étaient censés monter la garde.
— Baelbo ! Jorm ! Je crois que nous avons un problème.
Oubliant sa promesse, il expliqua à ses deux comparses comme quoi leur amie avait décidé de se faire la malle, leur fait part de son inquiétude et leur demanda de la suivre.
— Aucun problème, vieux, dit le worgen. Je vais te la trouver, cette gourde, et te la ramener par la peau du…
— Jorm,
coupa le nain, je veux juste que vous la surveillez et que vous l’empêchez de faire une bêtise. Je sais qu’elle n’a pas de mauvaises intentions mais j’ai peur pour elle.
— C’est vrai que pour s’attirer des ennuis, elle est douée cette petite,
commenta le gnome taquin. Surtout quand il s’agit de se frotter avec la Horde. Son histoire avec l’elfe de sang en est la preuve…
— Baelbo, je suis sérieux,
reprit Batël. Si elle s’était mise en tête d’aller combattre le chef de guerre toute seule ou de monter une rébellion contre l’Alliance, ça pourrait très mal finir pour elle et son petit bout.
— Mais en quoi ça nous concerne,
demanda Jorm incrédule. Si elle choisit de déserter c’est son problème…
— C’est notre amie, Jorm,
dit le nain. Elle fait partie de la famille. Et je ne peux me résoudre à la laisser risquer sa vie inutilement...
— Tu peux compter sur nous, vieux frère,
répondit Baelbo cette fois avec beaucoup de sérieux. Il est temps d’apprendre à ceux d’en face le vrai sens du mot “Alliance”.

Peut de temps après, les deux comparses préparèrent à leur tour leur griffon et s’envolèrent à la poursuite de l’elfe, guidé par le flair infaillible de Jorm qui semblait à l’aise dans sa forme worgen.
Batël se contenta de leur souhaiter bonne chance avant de chercher une excuse pour expliquer l’absence de trois de ses meilleurs éléments.

— Au fait, demanda le worgen au cours de vol, tout à l’heure, tu faisais allusion à un elfe de sang…
— Ah c’est vrai,
s’écria le gnome, tu n’étais pas là.


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Re: [Récit] Amis ou ennemis...

Message par Gahahli le Ven 26 Avr - 10:47

Chapitre 2


A peine quittée le Territoire du Lion, Gahahli n’alla pas loin sur son griffon. Se sentant suivie, elle fit une halte à la Forêt de Jade, se pressa de se barbouiller dans une mare de boue et fit autant sur son tigre et sa monture avant de les cacher dans une grotte abandonnée où elle passa la nuit le temps de trouver un plan.

Le lendemain matin, pendant que le tigre et le griffon de se débarbouillaient du mieux qu’ils pouvaient de leur bain de boue forcés, l’elfe était parti trouvé de quoi les rassasier. Elle leur apporta un magnifique spécimen de cerf qu’elle partagea avec ses bestiaux après l’avoir soigneusement dépecer. Si le griffon dévora à plein bec une belle entrecôte, le tigre ne semblait pas particulièrement s’intéresser à sa propre ration et fixa maîtresse d’un air interrogateur.
— Non, Jakua, je ne sais toujours pas quoi faire, dit Gahahli à son tigre. Je le croyais au début, mais maintenant… Allez, mange ta cuisse de cerf tant qu’il est frais. Comment mettre fin à une guerre vieille de plusieurs millénaires avant qu’elle ne fasse davantage de dégâts ? Plus de dégâts qu’elle n’en a causé en dix milles ans, qui plus est… Autant arrêter une avalanche, un raz-de-marée ou que sais-je encore… Faire payer Hurlenfer pour tout ce qu’il a fait depuis qu’il est devenu chef de guerre ? Ce serait tentant, oui… Mais un peu risqué, non ? C’est un peu un coup à combattre le feu par le feu. Et vu ce dont il est capable, je risque d’y laisser ma peau… Mais alors quoi ? Forcés la Horde et l’Alliance à faire la paix ? Non, impossible. Pas avec autant d’animosités entre les deux camps. Et puis connaissant le roi Varian… Leur proposer un cesser le feu ? Si ça marchait, ce serait un exploit. Et puis ce serait favorable pour tout le monde, je pense. Quoi que… Raaah !!! Mais il doit bien y avoir un moyen de calmer les hostilités. La sauvegarde de la Pandarie en dépend.
Elle lâcha un soupir avant de reprendre son monologue :
— C’est quand même triste, tu ne trouves pas ? Une terre si riche, si paisible et surtout si mystérieuse dont on ignorait l’existence, et à peine elle se dévoile, on la saccage sans la moindre compassion. Sans compter un peuple si gentil, si pacifique et si cultivé, toute une civilisation condamnée à s’entredéchirer et à sombrer dans le chaos, la misère et bientôt l’oubli. Alors qu’on a tant à apprendre d’eux, de leur culture, de leur histoire… Leur histoire… La chute de l’empire mogu… Les premiers moines… Les fardeaux de l’empereur…

Elle se laissa absorber dans ses pensées pendant un long moment, se rappelant ce qu’elle avait appris sur la Pandarie pendant qu’elle explorait le continent, lorsqu’elle eut enfin une illumination. Aussitôt le griffon était sellé, le tigre solidement, attaché à la selle et la chasseresse donna un coup de talon dans les flancs de sa monture pour l’inciter à décoller.
— Je ne sais si nous avons la solution, dit Gahahli prise d’une certaine folie toujours à l’adresse de son compagnon à fourrure, ni même si nous en avons la clé, mais je crois que nous sommes sur une piste. Les pandarens avaient peut-être raison à notre sujet. Les brumes qui enveloppaient leur continent ne se sont pas dissipées pour que nous ravagions leur terre mais bien pour la faire sortir de l’oubli, pour que nous nous imprégnions de leur histoire, que nous prenions conscience de nos propres actes… Je suis sûre que les écrits pandarens auront de quoi nous inspirer, et que les chroniqueurs vont nous aider à trouver la voie. Ils seront obligés de toutes façons s’ils veulent conserver la mémoire de leur peuple, du moment qu’ils restent neutres. Et le chroniqueur Cho, il nous a toujours reçu à bras ouvert alors que nous étions des étrangers, et nous a enseigné tout ce qu’il savait. Tu comprends Jakua ? Il faut rendre visite aux chroniqueurs au Palais Mogu’shan et que nous jetions à œil sur leur chroniques avant qu’ils ne tombent entre… Par Elune, qu’est ce que ça ?!

Elle fut brusquement ramené à la réalité quand en survolant la Val de l’Eternel Printemps elle découvrit un site d’excavation gobelin. Encore un coup de Hurlenfer ! Voilà qu’il profane une terre sacrée pour encore s’approprier une relique qu’il va utiliser sur ses propres troupes pour pouvoir faire plus de victimes. Cette fois, c’en était trop !
Les chroniqueurs devront attendre, finalement. Gahahli sachant la nouvelle trop importante pour passer à côté décida de mener l’enquête. Le secteur grouillant de gobelins et sûrement d’orcs, elle posa son griffon suffisamment loin pour ne pas attirer l’attention.
À peine descendu de sa monture, elle vit un orc en armure noire, sortir du site accompagné d’une elfe de sang vêtue d’un drapé noir. L’elfe étant encapuchonnée, la chasseresse ne put voir son visage. Mais l’orc, qui avait le visage découvert, lui était familier. Les deux individus se dirigeaient vers une mine inexplicablement mise à l’écart du site, au pied d’une falaise.

Gahahli décida de les suivre tout en gardant ses distances et en restant discrète, son tigre toujours à ses talons. Ces gugusses ont fait l’erreur de s’éloigner du troupeau pour aller se réfugier dans une mine non surveillé. Peut-être une occasion en or pour la chasseresse d’en savoir plus sur les agissements du chef de guerre. Pourtant, cela paraissait trop facile. Serait-ce un piège ?
La chasseresse prit donc toutes ces précautions quand elle atteint l’entrée de la mine. Bandant son arc, elle risqua un œil pour s’assurer que la voie était libre avant de pénétrer dans la grotte, attentive au moindre bruit. L’obscurité ne lui posa aucun problème, étant elle même une créature de la nuit. Le secteur semblait abandonné, comme vidé de toutes ressources et donc de tout intérêt. Aucune trace des deux clowns. Gahahli sentit pourtant leur présence quand en arrivant à un carrefour elle entendit des voix à peine audibles.
Elle se concentra pour percevoir la provenance des voix et savoir quel chemin prendre quand une série d’explosions retentit dans toute la mine. Toutes les galeries étaient parsemées d’explosifs. S’ensuivit alors un éboulement encore plus assourdissant que les explosions qui l’ont provoqué. Toute la mine était en train de s’écrouler, pas moyen d’en échapper. C’était bel et bien un piège et Gahahli était tombée dedans à l’aveuglette.
Etourdie et complétement désemparé, la chasseresse n’eut d’autre choix que de se blottir contre son tigre. Tous deux allaient finir misérablement sous les décombres.




À l’entrée de la grotte, un gobelin assistait à son écroulement, le détonateur à la main, un sourire narquois se dessinant sur son visage. En deux minutes, il n’en restait plus qu’un tas de pierres.
— Je savais que ce trou allait me servir à quelque chose, dit-il enfin, mais là je crois que j’ai fait un strike.
Il rangea le détonateur avant de regagner fièrement le site d’excavation et sorti une liste sur laquelle il raya trois noms dont “elfe de la nuit femelle chieuse”.

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Re: [Récit] Amis ou ennemis...

Message par Gahahli le Sam 27 Avr - 10:29

Chapitre 3

— Mais alors, le père… Celui qui lui a fait ce gosse, c’était ce gus ? questionna Jorm un peu déconcerté.
— Ouaip, répondit Baelbo, et c’est pour cette raison qu’elle ne veut pas que ça se sache, aussi bien pour sa sécurité que celle de l’enfant. Actuellement, nous sommes les seuls à connaître son secret.
— Mince alors, et moi qui croyais que c’était parce que le papa était mort.
— Euh… Ca par contre c’est vrai. Il est bel et bien mort. Tué par le Roi Liche. C'est d'ailleurs après ce drame qu'elle a renoncé à l'amour. Enfin je veux dire à toutes relations sentimentales.
— Eh bin, moi qui croyais qu’elle me prenait pour une bête puante et grossière, je comprends mieux pourquoi elle a toujours refusé mes avances.
— Heu... non. Ca c’est bien parce que tu es vraiement une bête puante et grossière.
— Hé j’t’permet pas, nab… Oh mais, tu vois ce que je vois ???
A cheval sur leur griffon, les deux comparses venaient de survoler le Val de l’Eternel prinptemps et découvrirent le site d’excavation gobelin.
— Et en plein sur la route qui mène à notre sanctuaire, pesta le worgen. Rah, ces chiens de la Horde, je ne peux pas les sentir.
— Ca va mal finir, cette histoire,
soupira le gnome. Pourvu que notre amie n’ait pas vu ce chantier.
— Je crois bien qu’elle l’a vu, mon pote,
dit le worgen en reniflant l’air. Elle est déjà passée par ici, je le sens. Elle a peut-être tenté de brouiller les pistes, mais là son odeur n’a jamais été aussi clair. Elle est quelque part, dans ce secteur.
— Et la connaissant, je te parie ce que tu veux qu’elle est déjà en train d’infiltrer l’ennemi. Et si elle avait déjà était capturée…
— Je viens de retrouver son griffon,
s’écria Jorm. Mais je crois que la Horde l’ait trouvé avant nous.
Sans plus attendre, Baelbo sortit une parie de jumelle gnome et la braque dans la direction de la griffe du worgen. Ses craintes étaient fondées. Un griffon appartenant à l’Alliance était en train de se faire amadouer un tauren et un troll.
— Hé, je les connais, ces deux gredins ! s’exclama le gnome. Mais où faut il aller pour ne pas les avoir dans nos pattes ?

Un peu plus tard, les deux “gredins” en question réussirent enfin à mater la bête. Ils se demandèrent ce qu’ils allaient en faire quand ils entendirent derrière eux. :
— Où est la propriétaire de ce griffon ?




Quelle fin pitoyable. Avoir choisi une vie d’aventures et de dangers, parcouru le monde, combattu le mal, défié à la mort, empêché la fin du monde et tenté de sauver un continent de la guerre pour tomber dans un piège gros comme une maison et se retrouver six pieds sous terres.
Tandis qu’elle sentait le plafond qui s’effondrait et le sol se dérobait sous ses pieds, Gahahli était persuadée que ni elle ni son tigre ne reverrait la lumière du jour. Ni celle, plus douce, de la lune.

Quand enfin ce fut terminé, la chasseresse et son compagnon semblaient s’en être sorti par ils ne savaient quel miracle, avec seulement quelques bleus et de la poussière. Par contre, ils n’étaient pas sortis d’affaires. Ils étaient toujours enfermés dans les entrailles de la terre, là où personne ne pouvait les entendre crier, plus précisément dans un huis clos de roches, dans l’obscurité totale, même pour une elfe de la nuit, et pas assez d’oxygène pour tenir une heure. Et pour couronner le tout, l’animal était sujet à la claustrophobie.
Mais l’elfe de la nuit refusait de se laisser abattre. Pas tant qu’elle pouvait encore respirer. Elle commença donc à déblayer un passage dans cet amas de pierre, espérant sans trop y croire déboucher sur une sortie. Plusieurs minutes s’écoulèrent, où la chasseresse s’adonna à sa tâche avec plus ou moins d’acharnements, ne s’arrêtant que pour reprendre son souffle, courant ainsi le risque d’épuiser tout l’oxygène, pendant que son tigre, pour lutter contre sa claustrophobie, s’occupait à se mordiller la queue.

Au moment où le manque d’oxygène se faisait sentir, Gahahli parvint à déplacer un rocher qui déboucha sur un tunnel.
Alors qu’elle une reprenait une dernière fois son souffle en guise de récompense pour ces efforts, la chasseresse senti soudain une main effleurer le dessus de sa tête. Elle fut surprise de se retrouver nez à nez avec l’elfe de sang qu’elle avait vu tout à l’heure. Elle semblait avoir aussi eu des contusions dues à l’éboulement, mais ayant cette fois ôté sa capuche, Gahahli la reconnut aussitôt.
— “La Fouine” !
L’intéressée sursauta en reconnaissant le visage de l’elfe de la nuit, d’abord surprise, puis terrifiée.
— Décidément, le monde est petit, à ce que je vois, ironisa Gahahli.
— Ecoute, petite sœur, bredouilla la prénommée Fouine. Saches que pour Darnassus, je n’avais aucune intentions malveillantes, j’étais...
— Quoi ? Darnassus ?... Alors c’était toi ! Tu as infiltré Darnassus !
— NON, ATTENDS…
Trop tard, la chasseresse s’était déjà ruée sur l’elfe de sang, telle une tigresse, la plaquant au sol et l’agrippant par le col, le visage déformé par une indicible colère.


— Tu as osé mettre les pieds dans MA ville ? MON SANCTUAIRE ? DEPUIS DALARAN ? Et pourquoi ? Pour qui ? Pour cette pourriture que les tiens osent appeler chef de guerre ? Je devrais te tuer pour ça.
— Non, écoute-moi, supplia la Fouine. Cette mission d’infiltration était une erreur. Je suis la première à l’admettre. Ca était même une erreur pour nous, les elfes de sang. On en a tous fait les frais. J’étais moi-même contre cette idée au départ. Mais il m’a obligé à le faire…
— Qui ça, “il” ?

La Fouine désigna sur sa gauche une tête dépassant de sous un mur de pierres. C’était l’orc qui accompagnait la Fouine en entrant dans la mine. Encore une tête que Gahahli reconnaissait.
— Brotar…
— Le monde est petit, comme tu disais, lui répond l’orc de sa voix caverneuse. Ton “amie” nous a en effet été fort utile dans l’infiltration de ta saloperie de cité. Mais après que cette catin de Portvaillant ait expulsé les siens de Dalaran, elle a commencé jouer les rebelles. Je l’ai surprise sur le point d’assassiner le chef de guerre pendant son sommeil…
— C’est vrai ça ? questionna la chasseresse d’un regard inquisiteur.
Pour toute réponse, la Fouine se contenta de détourner le regard.
— J’ai donc pris l’initiative de la surveiller et m’assurer qu’elle ne fera pas de deuxième tentative, reprit Brotar. Je l’ai amené dans cette mine abandonné pour la mettre à table, et me suis arrangé avec Doruk pour m’en débarrasser au cas elle se révélerai inutile. Mais il est clair que ce gobelin n’ait pas attendu mon retour pour faire sauter sa putain de mine. Et je me retrouve coincé ici, sous une montagne de cailloux. Tout ça à cause de cette…
— C’était ton idée,
maugréa la Fouine. Pas la mienne.
— A propos, ça me fait penser,
ajouta l’orc avec un sourire qui se voulait mauvais. Comment se porte le mioche-là, ton soi-disant “Prince” ?
Sans réfléchir à ce qu’elle faisait tellement elle était hors d’elle, la chasseresse donna un coup pied au visage de Brotar, si violent qu’elle entendit son cou craquer. Elle tenta de reprendre son calme quand elle se rappela que l’orc à qui elle venait de rompre le cou avait été un serviteur du Roi Liche.
Un second crack, et la tête de Brotar, bien qu’ensanglantée, retrouva sa position initiale et se mit à ricaner.
— Joli coup, elfe. Mais pas assez fort pour m’arracher la tête des épaules. Pourtant, tu as l’occasion idéale pour venger ton petit prince chéri. Nous trois prisonniers dans une grotte. Je suis immobilisé. Elle s’est foulée la cheville. Tu n’as plus qu’à nous achever. Allez ! Je sais que tu en as plus qu’envie.

Il la tentait, elle en était consciente. Et pourtant, l’envie de lui planter une flèche entre les yeux en premiers lui était intense. Cet orc mort-vivant lui inspirait tellement de haine et de dégoût. Mais maintenant qu’elle le voyait à ses pieds, immobilisé sous des tonnes de rochers, voilà qu’elle avait pitié.
La chasseresse détourna l’attention vers l’elfe de sang qui affichée une mine désolée, et remarqua seulement à l’instant qu’elle avait une jambe paralysée.
Que faire ? Les punir tous les deux pour ce qu’ils avaient fait ? Le méritaient-ils vraiment ? Elle-même avait du faire des choses dont elle n’était pas fière dans cette histoire. Sortir au plus vite de ce trou et les laisser à leur sort ? Non, ce n’était pas dans sa nature. Les achever pour mettre fin à leurs souffrances ? Etant donné les circonstances, elle avait l’impression d’être Hurlenfer en personne. Pour une fois qu’elle avait l’avantage, Gahahli n’avait jamais autant détesté se retrouver dans une situation pareille

Pendant ce moment d’hésitation qui n’en finissait pas, la Fouine attendait sagement la décision de l’elfe de la nuit, sachant qu’elle avait peu de chance d’échapper à la mort. Même le tigre, qui jusque là s’était contenté de jouer les spectateurs se montrait plus qu’attentif.
Quelle ne fut la surprise de l’elfe de sang quand enfin la chasseresse lui tendit la main pour l’aider à se relever et à s’agripper à elle.
Après avoir appelé son tigre, Gahahli entraîna sa nouvelle et inhabituelle “conjointe” dans le tunnel, espérant trouver une sortie. Furieux d’avoir été laissé pour compte, Brotar se mit à proférer des injures en voyant les deux elfes partir, sa voix s’amplifiant au fur et à mesure qu’elles s’éloignaient.
— C’est ça, sauvez donc votre peau, trainées. J’ai tout mon temps vous savez. Attendez que je sorte de ce trou perdu, je vous retrouverai jusqu’au bout du monde et je vous ferais tous regretter de vivre, vous deux, votre putain de famille et votre putain de race. Et je me ferai une joie de collectionner vos têtes. VOUS M’ENTENDEZ ? J’INVENTERAI UN SPORT AVEC VOS SALES BOBINES COMME BALLONS.
Au bout d’un moment, les deux elfes ne firent plus attention aux menaces de l’orc tellement elles étaient de plus en plus absurde set continuèrent leur marche. Si la Fouine jetait constamment un œil derrière elle pour s’assurer qu’elles n’étaient pas suivies, Gahahli gardait un air grave et déterminé et se concentrait sur le chemin.
L’elfe de sang avait à peine ouvert la bouche quand la chasseresse prononça enfin un mot.
— Ne me demande pas pourquoi je fais ça. Il se peut très bien que je fasse quelque chose de stupide.


Dernière édition par Gahahli le Mar 30 Avr - 10:54, édité 2 fois
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Re: [Récit] Amis ou ennemis...

Message par Gahahli le Dim 28 Avr - 23:50

Chapitre 4

À la surface, Baelbo et Jorm étaient encore en train de questionner le tauren et le troll. Ces deux derniers affirmaient ne pas savoir où était celle qu’ils cherchaient, mais leurs “enquêteurs improvisés” ne l’entendaient pas de cette oreille. Très vite, les quatre perdirent patiente et l’interrogatoire tourna aussitôt en dispute verbale avant de laisser place à la violence physique. La bagarre fut cependant brève et sans suites car interrompue par un gobelin.
— Qu’est ce donc, on se bat sur les terres de la Horde ?
— CE N’EST PAS VOTRE TERRE, jura le worgen avant de réaliser que le gobelin était escorté par une dizaine d’orcs bien baraqués.
— Hé, mec ! s’exclama le troll tout aussi surpris de ce spectacle. C’est quoi cette mascarade ?
Le gobelin irrité attrapa le troll par le nez et l’amena si près de son visage qu’il pouvait le regarder dans le blanc de ses yeux.
— Ecoute moi, le rasta, dit le gobelin d’un ton menaçant. À partir de maintenant, toi et ton copain à grandes cornes, vous m’appellerez “boss”, comprendo ?
Le troll émit un son plaintive en guise de réponse. Prenant ce gémissement pour un oui, le gobelin relâcha enfin sa prise avant de reprendre d’un ton plus calme :
— Et pour ton information, j’ai le regret de vous annoncer que votre ancien leader a eu comme un accident dans une mine. J’en ai tout de suite fait part au chef de guerre et lui ai mentionné au passage qu’il y avait peut-être des traîtres qui négocieraient avec des espions de l’Alliance pour entraver ses plans, voir attenter à sa vie. Il m’a donc laissé carte blanche pour débusquer ces traîtres et m’a gentiment confié une belle troupe de kor’krons d’élites. Maintenant j’aimerai qu’on m’explique le pourquoi de ce raffut.
— On a trouvé un griffon de l’Alliance… boss,
bredouilla le tauren. On a réussi à l’attacher quand ces deux là nous ont demandé où était sa propriétaire et…
— Sa propriétaire ?
répéta le gobelin. Ne serait-ce pas une elfe de la nuit aux cheveux bleus, armée d’un arc et accompagnée d’un tigre noir avec des rayures blanches ?
— Vous l’avez vu ? réagit le gnome. Où est-elle ?
— Je crains fort qu’elle ait eu le même accident dans la même mine que notre regretté leader. À l'heure qu'il est, elle doit être — comment dire ? — en train de mangé des pissenlits par la racine.
Baelbo et Jorm furent tétanisés d’horreur en entendant les paroles du gobelin. Même le tauren et le troll restaient sans voix. Seuls les orcs kor’krons trouvaient cette nouvelle drôle.
— QUE LUI AVEZ VOUS FAIT, ESPECE DE SALAUD ?! cria le gnome, les larmes aux yeux et se jetant sur le gobelin suivi du worgen. Mais tous deux furent aussitôt immobilisés par les kor’krons.
— Ho ! J’ai dû toucher un point sensible, ironisa le gobelin. Comme c'est touchant ! Soldats, attachez les bien fermement. Le chef de guerre se fera un plaisir de vous apprendre la vie, mes gaillards. Et vous deux-là, le bovin et le hippie… Je m’en fiche de vos noms ! Veuillez me rejoindre dans ma tente… s’il vous plaît.




Après avoir parcouru une caverne aussi tortueuse que lugubre, l’une devant trimbaler l’autre ne pouvant marcher que sur un seul pied, les deux elfes virent enfin la lumière au bout du tunnel. Pressé de fuir le monde souterrain pour rejoindre la surface, le tigre ne se fit pas attendre pour sortir le premier et se rouler dans l’herbe tout en respirant l’air pur.
— Au moins un qui est content, commenta l’elfe de sang en espérant détendre l’atmosphère.
Gahahli, toujours aussi réservée depuis qu’elle a aidé son improbable “amie” à se remettre debout et à marcher, était occupée à scruté les alentours. Elles étaient toujours dans le Val de l’Eternel printemps, mais loin du site d’excavation de la Horde. Et pas d’ennemis en vue. C’était déjà ça.
— On ne peut pas s’arrêter, demanda la Fouine. Je ne sens plus ma jambe…
— Je reconnais cet endroit, coupa la chasseresse. Il y a un petit village pandaren à deux pas d’ici. Là bas je pourrais m’occuper de ta jambe.
— Mais tu n’es pas fatiguée ? À force de me porter…
— J’ai connu pire, ne t’en fais pas.
— Ah… Tu es décidément plus robuste que je ne l’imaginais.
— Et toi tu es plus lourde que tu en as l’air.

Finalement, les deux elfes arrivèrent enfin au village pandaren en question. Bien qu’habitués à voir et à recevoir des étrangers, les villageois les regardèrent passer avec un mélange d’attentions et de curiosités. Une fois arrivée à l’auberge, la chasseresse déposa son amie sur un banc et demanda à la patronne de lui apporter de quoi faire une attelle.
— Je crois que je ne te remercierai jamais assez, petite sœur, dit la Fouine pendant que la chasseresse s’occupait de soigner sa cheville.
— Je croyais t’avoir dit ne plus m’appeler “petite sœur”, lui répondit sèchement l’intéressée.
— Tu n’étais pas obligée de le faire, tu savais… Aïe ! De toutes façons, je suis fichue.
— Alors comme ça, tu as tenté d’assassiner le chef de guerre, dit Gahahli après avoir fini le bandage. Je ne te savais pas si audacieuse. Et j’ignorais qu’il était détesté à ce point.
— Tu n’as pas idée de quoi il est capable. Et je ne te parle pas de la prise de Theramore, non. Ce fou furieux est plus dangereux que le Roi Liche et Aile-de-Mort réunis. Et pas seulement pour l’Alliance. Tiens, à peine proclamé chef de guerre, il a eu une dispute avec Cairne Sabot-de-Sang — tu sais, le chef des taurens. Et bien parce que ce dernier s’opposait à la politique belliqueuse et extrémiste de Hurlenfer…
— Il y a eu un duel à mort et c’est le tauren qui a perdu, acheva l’elfe de la nuit. On me l’a raconté. Ensuite, son fils l’a succédé et doit servir le meurtrier de son père.
— Et ce n’est pas tout. Maintenant, c’est Vol’jin des Sombrelances qui est accusé de trahison alors qu’il a seulement fait preuve d’un peu plus de jugeote. Je t’assure. J’y étais quand c’est arrivé. Tu te rends compte ? Cairne et Vol’jin. Les frères d’armes de Thrall. Ce monstre est en train de détruire ce que son prédécesseur a construit. Et je ne te raconte pas comment il traite ses propres hommes et se comporte avec les autres dirigeants. Je te dis, il est en train de mener la Horde à sa perte… Hé dis donc, ça n’a pas l’air de te choquer ce que je te raconte.
— Hein ? Ho, tu sais, rien ne me surprend de sa part, après ce qu’il a fait à Anduin…
— Qui ? Le petit prince ? Bah, quelle idée il avait d’affronter le chef de guerre, sans armes, ni escorte ? Et un enfant, en plus ! Dire que c’est moi l’inconsciente…
Elle n’eut pas le temps de finir sa phrase que l’elfe de la nuit se leva d’un bond et la foudroya d’un regard accusateur.
— Ecoute, la Fouine. Tu peux dire ce que tu veux de Varian, je m’en contrefiche. Mais tu laisses Anduin tranquille. Lui au moins, il n’a pas d’intention belliqueuse. Et s’il le pouvait, il mettrait fin à la guerre et aiderait ton peuple à se relever.

Elle avait parlé si fort et avec un ton si hystérique qu’aussitôt les occupant de l’auberge crurent à une catastrophe et s’éclipsèrent en silence. Durant les minutes qui suivirent, on entendit plus une mouche voler. Comprenant qu’elle venait de commettre une boulette, l’elfe de sang tenta de se rattraper
— Désolée, pet… Je ne voulais pas te contrarier… Je ne savais que tu y étais attaché…
— Tu ne le connais pas, l'interrompit la chasseresse, le regard tournée vers ses pieds. C’est plus qu’un enfant roi ou un simple prince. Ce garçon est plus roi que ne l’est son père. Et je peux paraître zélé mais j’aurais été honorée de me battre à ses côtés. Sans lui, il y aurait longtemps que j’aurais tourné le dos à l’Alliance.
— Il n’est pas encore mort, si ?... Alors il a des chances de se rétablir. J’ai entendu dire — et ça me fait mal de le reconnaître — que l’Alliance avait d’excellents guérisseurs à sa disposition. Alors pourquoi cette tête d’enterrement ?
— C’est de ma faute, répondit Gahahli, le visage enfoui dans ses mains. J’étais chargée de sa sécurité. Le protéger comme si… Comme je l’aurais fait avec ma propre famille. Et j’ai échoué.
Elle sa laissa tomber, se rattrapant de justesse à une table voisine, et ne put s’empêcher de sangloter. La voyant ainsi, la Fouine comprit qu’elles étaient toutes les deux et d’une certaine manière dans le même cas. Le même cas quand elles étaient prisonnières dans la grotte.

L’elfe de sang prit donc une profonde inspiration avant de se redresser, doucement à cause de sa cheville bandée, et posa une main sur l’épaule de sa nouvelle partenaire.
— Tu as fait ce que tu pouvais,petite sœur, rassura-t-elle d’une voix douce. Et vu les circonstances, je crois qu’il est temps de laisser de côté nos différends et de se serrer les coudes pour aller de l’avant, pour mieux lutter contre l’adversité. Comme au bon vieux temps…
— Je t’ai déjà dit de ne plus m’appeler…
— Il y quelques années, en Outreterre, un elfe de sang t’a sauvé la vie tout en sachant que vous étiez ennemis jurés. Tu as parcouru le monde brisé avec lui et tu as finis par tomber amoureuse de lui.
— Je n’ai pas envie d’en parler…
— Avant de nous quitter, il t’a parlé de son passé. Plus précisément comment il a vécu l’attaque du Fléau mené par Arthas, la destruction du Puits du Soleil, la chute de Quel’thalas et des hauts-elfes, la trahison des humains, la descente aux enfer de Kael’thas et ainsi de suite.
— Comment sait-tu…?
— C’est ma vocation de tout savoir sur tout en tant qu’espionne. Mais cet elfe, t’avait il mentionné qu’il avait perdu une sœur ?
— Je ne sais plus… Si, je m’en souviens. Il m’a dit qu’elle avait disparue lors de l’attaque du Fléau. Probablement emportée par les morts-vivants… Mais je ne vois pas où tu veux en venir.
— Cette sœur est toujours vivante.


Dernière édition par Gahahli le Mar 30 Avr - 2:33, édité 2 fois
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Re: [Récit] Amis ou ennemis...

Message par Gahahli le Lun 29 Avr - 10:26

Chapitre 5

— Une petite minute, mec… Heu, je veux dire “boss”. Cette tente, elle appartient… elle n’appartenait pas à Brotar ?!
— Tu n’as toujours pas compris, le hippie,
railla Doruk, le gobelin, tandis qu’il se servait une grappe de raisin. C’est moi à présent le leader de votre misérable compagnie. Par conséquent, tout ce qui appartenait à ce demeuré m’appartient désormais. Son poste, sa tente, son lit, son siège…
— Sa nourriture,
acheva Valkyros, le tauren, d’un ton moqueur.
— On ne t’a pas sonné, viande sur patte… Enfin bref. Comme vous pouvez le constater, il y a du bon finalement à bien servir le chef de guerre.
En le voyant Doruk se prélasser sur son siège et se gaver de pain, viandes et de fruits, le tauren eut la folle envie de répliquer :
« Comme t’engrosser comme un porc et ensuite faire de toi une machine de guerre ? »
Mais la présence des kor’krons lui fait comprendre qu’il avait intérêt à se taire. Ce fut finalement Baor’jin, le troll, qui reprit la parole :
— Mais… boss, tous ses soldats kor’krons… qui nous surveillent… est-ce vraiment nécessaire ?
— Pourquoi ?
interrogea le gobelin après avoir lampé une cruche d’hydromel. Vous avez quelque chose à vous reprocher ?
Ni Valkyros ni Baor’jin n’osèrent répondre. Au paroles du gobelin, ils sentirent les orcs porter leur attention sur eux, ce qui mit les deux compères de plus en plus mal-à-l’aise.
—Je m’en doutais. Brotar avait raison de soupçonner un complot visant le chef de guerre. Quelle ironie qu’il m’en ait donnée l’idée. Avant de disparaître, il m’a confié qu’il allait s’occuper de votre amie, la Fouine, prise sur le fait. Et mon petit doigt me dit que vous deux seriez également dans le coup.
Toujours pas de réponses. Les deux compères virent alors un sourire se dessiner sur le visage sadique de leur interrogateur avant que celui ne claque des doigts, ordonnant aux kor’krons de les mettre au fer. Le tauren et le troll résistèrent tant bien que mal mais n’ayant pas l’avantage du nombre, ils se retrouvèrent rapidement les mains enchaînées.
— Puisque vous ne voulez pas me répondre, dit le gobelin fièrement du haut de son trône, vous allez devoir vous expliquer devant Hurlenfer.



Un peu plus tard dans la soirée, Doruk sorti de sa tente et convoqua ses soldats kor’krons.
— Qu’on prépare les wyvernes et qu’on y attache les prisonniers, ordonna-t-il. Nous partons ce soir pour la halte de la Domination.
Le gobelin n’eu pas le temps de songer aux profits qu’allait lui attribuer le chef de guerre pour avoir démasqué les traîtres quand un des soldats kor’krons revint et dit d’un ton solennel :
— Mauvaise nouvelle, chef. Les wyvernes ont disparus. On les a libérés.
— Quoi ? Qui était chargé de surveiller l’enclos ?
— Personne, chef, répondit un second soldat. Vous nous avez dit vous-même de ne pas nous occuper des wyvernes et de nous concentrer sur les prisonniers.
— Rah ! Bandes d’incapables !
— Ils n’ont fait qu’exécuter tes ordres, intervint Baelbo. C’est toi l’incapable dans cette histoire.
Doruk ne put s’empêcher de donner une gifle au gnome pour l’obliger à se taire. Malgré l’aspect rabougrie du gobelin, la gifle fut si violente que Baelbo se retrouva aussitôt face contre terre.
— En voilà des manières, “Gizmo” ?
Cette voix. Ce surnom ridicule qu’elle lui attribuait. Doruk n’eut aucun mal à reconnaître la Fouine sous sa capuche, couverte de terres, se tenant debout sur une béquille.
— Toi ? Mais c’est imp…! Comment as-tu…? bredouilla le gobelin avant de se reprendre. Soldats, attrapez là ! C’est une traîtr…
Soudain un sifflement retentit et un kor’kron s’écroula devant le gobelin, une flèche lui traversant le gosier.
— CA C’EST POUR ORNEVAL ! s’écria une voix provenant du sommet d’une falaise, attirant l’attention de tout le monde.
Une seconde flèche siffla et alla se figer entre les deux yeux d’un second soldat kor’kron.
— CA C’EST POUR THERAMORE ! cria à nouveau la voix lorsqu’un tigre bondit de la falaise, toute griffe dehors, prêt à tailler les orcs en pièces, suivi d’une elfe de la nuit tirant une troisième flèche qui alla se planter dans l’œil d’un troisième soldat.
— ET CA C’EST POUR ANDUIN !

Tout alla très vite. La chasseresse et son tigre atterrirent littéralement sur les visages de deux autres soldats puis engagèrent le combat avec le gros des troupes. Profitant de la confusion, Valkyros et Baor’jin se servirent de leur poings liés pour étrangler les deux orcs qui étaient censés les surveiller.
L’affrontement fut certes d’une rare violence mais rapide. Au final, Gahahli essoufflée par l’effort mais toujours debout contemplait les corps sans vie des soldats kor’krons. Mais aucune trace du gobelin.
— Il a pris la fuite, le fourbe, pesta le tauren.
— Mise en déroute par une elfe de la nuit, son minet, une elfe de sang invalide et quatre prisonniers, commenta Baelbo. Hé bé, tu parles d’une troupe élites.
— Et avec les mains liées,
ajouta Jorm en donnant un coup de coude au gnome. Quel exploit !
Mais la joie des deux comparses fut de courte durée quand ils croisèrent le regard sévère de l’elfe de la nuit.
— Hum… Tu ne peux pas savoir à quel point on est content de te voir en vie, bredouilla la worgen avec un sourire goguenard.
— C’est Batël qui vous envoie ? questionna Gahahli bien qu’elle connaissait déjà la réponse. Pfff… Je savais que je n’aurais pas dû me confier à lui.
— Il ne faut pas lui en vouloir,
rassura le gnome. Il s’inquiète pour toi, tu sais.
— Et puis comme dirait l’autre, quand on forme une équipe, on est une famille, point,
acheva le worgen sans vraiment croire à ce qu’il disait. Maintenant tu veux bien défaire nos liens ?
La chasseresse laissa échapper malgré elle un soupir d’amusement avant de ramasser la clé des chaînes sur un soldat mort. Elle avait à peine commencé le travail quand le gnome le questionna :
— Comment a tu su que nous étions là ?
— Je ne la savais pas,
répondit l’elfe de la nuit. Mais lui le savait (elle désigna son tigre se léchant les griffes). Je ne sais pas comment mais il a du sentir votre présence —peut-être t’a-t-il senti, Jorm, toi et ton odeur de chien mouillé. Il est venu m’interpeller, il m’a conduit ici et en vous voyant j’ai compris que vous aviez des ennuis.
— Et les wyvernes ?
— C’était son idée
(elle désigna l’elfe de sang occupée de ses propres alliés). Pour être honnête, je n’ai pas compris pourquoi elle avait fait ça. Elle a tenu à m’accompagner malgré sa patte blessée et sur place elle a dit qu’elle allait faire diversion pendant que je me préparai à…
— ATTENTION ! cria soudain le troll.
Un missile explosa en plein milieu du camp dispersant les deux elfes et les quatre prisonniers. D’autres missiles éclatèrent autour d’eux, détruisant le campement, rendant le paysage méconnaissable.

Lorsqu’enfin le bombardement prit fin, Gahahli releva la tête et vit horrifiée une partie du val réduite en cendre. Elle ne pouvait plus se relever tellement son corps était engourdie. Son tigre gisait juste à côté d’elle. Elle tâta son encolure. Loué soit Elune, il était vivant ! Mais son pouls battait faiblement. Elle chercha ses amis des yeux mais son champ de vision été brouillé par la fumée qui s’échappait du cratère.
Elle sentit le sol vibrer, comme si quelque chose de lourd venait de se poser, et comprit maintenant la provenance des missiles. Apparemment, le gobelin avait trouvé de quoi remplacé sa troupe de kor’krons. Le voilà aux commandes de ce qui ressemblait à un déchiqueteur gobelin dernier cri équipé d’un turboréacteur et de lances missiles.
La monstrueuse machine avança lentement vers la chasseresse et la ramassa avec son énorme pince. Désormais à la merci du gobelin, l’elfe de la nuit vit la scie circulaire s’élever et s’approcher doucement de sa tête.
— Toi, tu vas regretter d’être sorti de ma mine, cracha Doruk sous son habitacle, les traits déformés par la haine.
Elle pouvait sentir les dents de la scie à quelques centimètres de son cou quand un éclair surgit de nulle part et le bras qui maintenait la chasseresse tomba lourdement à terre. Elle reconnut alors Brotar qui finalement s’est libéré de sa prison de pierres, son armure noire esquinté et sali par les gravas. Le voilà qui se tenait fièrement devant le déchiqueteur, son épée runique à la main. La chasseresse cru entendre un cri aigu de sous l’habitacle de la machine qui tenta de s’enfuir en actionnant son turboréacteur pour s’envoler. Mais l’orc mort-vivant la machine par le pied et d’un coup l’envoya au tapis, l’engin s’écrasant dans un fracas assourdissant
Gahahli regarda Brotar marcher calmement vers la carcasse fumante du déchiqueteur et soulever l’habitacle sous lequel était recroquevillé le gobelin effrayé.
— Non, attendez ! supplia-t-il. Je peux tout vous expliquer…
— Mais tu vas le faire,
répliqua froidement l’orc. Tu vas expliquer ta perfidie devant le chef de guerre.
Sur ses mots, il se saisit de Doruk qui se débattait en vain et le souleva lentement hors de la machine.
— Quant à toi, ajouta-t-il en se tournant vers l’elfe de la nuit, je te laisse la vie sauve. Mais la prochaine sera la dernière.
— Là dessus, tu peux compter sur moi, lui répondit sèchement la chasseresse qui s’attendait à ce genre de réplique.
Brotar laissa échapper un sourire méprisant avant de tourner les talents et de s’éloigner, tenant toujours le gobelin à bout de bras. Gahahli pouvait encore entendre le cri déchirant de ce dernier quand ils disparurent finalement du val.
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Re: [Récit] Amis ou ennemis...

Message par Gahahli le Mar 30 Avr - 2:59

Epilogue

Malgré la violence de l’explosion, tout le monde s’en tira grâce aux talents de guérisseur du troll. Tous reprirent du poil de la bête (et cela au sens propre pour le tigre, le worgen et le tauren) et même l’elfe de sang n’eut plus besoin de sa béquille.
Les six héros (sept si on comptait le tigre) une fois réunis trouvèrent refuge chez les chroniqueurs, au sommet du palais Mogu’shan, où ils pouvaient se sentir en sécurité. Pendant que Gahahli rassemblait les écrits pandarens qu’elle avait prévu de consulter, ses compagnons restèrent sur la terrasse pour discuter de leurs projets. Dire qu’une plus tôt dans la journée, tous ses compères étaient en train de se taper dessus pour des broutilles.
La Fouine révéla donc que suite à la mésaventure de Vol’jin et à la purge de Dalaran, elle avait monté une rébellion avec l’aide de Valkyros et de Baor’jin et que même la Horde est sur le point de se révolter contre son chef de guerre, ce qui fascinait le gnome et le worgen.

Ecoutant d’une oreille distraite la discussion tout en lisant un passage sur la révolte des esclaves pandaren, Gahahli retrouva l’espoir qu’elle avait perdu vingt-quatre heurs plus tôt. Elle sentait que malgré les tensions de ces derniers mois, les deux groupes ennemis allaient de nouveau se liguer contre un adversaire commun. Et non plus pour s’approprier la Pandarie, mais bien pour sauver leur faction respectives et mettre fin à la folie meurtrière de leur ennemi. Et le plus extraordinaire, c’est que l’ennemi en question dirige l’une des deux factions, chose qui ne s’était pas reproduit depuis l’affaire Onyxia. Un scénario aussi fascinant qu’il était effrayant pour les deux camps, il fallait le reconnaître.
Avec un peu de chance, la Pandarie sera sauvé de la folie de la guerre. Peut-être cela ne mettra pas fin au conflit qui opposait la Horde et l’Alliance et les affectait mutuellement, mais au moins, après la Légion Ardente, le Roi-Liche et Aile-de-Mort, cela libérera Azeroth d’une peine supplémentaire.

Après quelques paroles échangées, la Fouine alla retrouver la chasseresse, plongée dans la lecture.
— On a longuement discuté avec tes camarades, annonça-t-elle fièrement. Valkyros propose qu’on aille s’entraîner avec les moines au Temple du Tigre Blanc.
— Ce... Ce serait une bonne idée, répondit Gahahli, mais j’aimerai finir ce chaptire sur la chute de l’empire mogu.
— Ne t’en fais pas, on a tout notre temps… enfin jusqu’à ce que Hurlenfer ou quelqu’un d’indésirable en fasse de nouveau des siennes. Pour l’instant on profite de ce moment de calme et de cette belle soirée. Et puis je pense qu’on s’est assez bien battus pour aujourd’hui.
Au moment où l'elfe de sang tourna les talons et commença à s'éloigner, Gahahli choisit le moment pour enfin lui révéler ce qu'elle avait sur le cœur :
— Je ne savais comment te le dire mais... Merci pour tout… ma sœur.
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Re: [Récit] Amis ou ennemis...

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